La Paris Fashion Week féminine hiver 2020-21 : Kenzo en tête d’affiche, le coronavirus dans l'ombre. Demandez le programme !

Défilé Issey Miyake pap féminin printemps-été 2020, le 27 septembre 2019 à la Paris Fashion Week 
Défilé Issey Miyake pap féminin printemps-été 2020, le 27 septembre 2019 à la Paris Fashion Week  (VICTOR VIRGILE / GAMMA-RAPHO)

La Paris Fashion Week est la dernière semaine de la mode après New York, Londres et Milan, à présenter du 24 février au 3 mars les collections féminines de l’automne-hiver 2020-21.

Que porteront les femmes à l’automne-hiver 2020-2021 ? Réponse sur les podiums parisiens du 24 février au 3 mars. Après New York (du 6 au 12/02), Londres (du 14 au 18/02) et Milan (du 18 au 24/02), la semaine de la mode est de retour à Paris.

La ville confirme son statut de capitale mondiale dont les Fashion Weeks deviennent de plus en plus longues et denses attirant chaque saison des jeunes talents du monde entier qui défilent aux côtés des maisons historiques.

70 créateurs sur les podiums, dont 4 nouveaux 

70 défilés (et 26 présentations) se déroulent dans le cadre du calendrier de la Fédération de la haute couture et de la mode. A côté des griffes établies (Issey Miyake, Louis Vuitton, Yohji Yamamoto, Dior, Guy Laroche, Balmain…), la nouvelle génération de créateurs est au rendez-vous. Cette saison, quatre maisons rejoignent le calendrier officiel des défilés : Coperni (France/2013), Gauchere (France/2011), Kenneth Ize (Nigeria/2018) et Noir Kei Ninomiya (Japon/ 2013).

Les créateurs Kenneth Izedonmwen (marque Kenneth Ize), Kei Ninomiya (marque Noir Kei Ninomiya), Arnaud Vaillant et Sébastien Meyer (marque Coperni) et Marie-Christine Statz (marque Gauchere) de gauche à droite. 
Les créateurs Kenneth Izedonmwen (marque Kenneth Ize), Kei Ninomiya (marque Noir Kei Ninomiya), Arnaud Vaillant et Sébastien Meyer (marque Coperni) et Marie-Christine Statz (marque Gauchere) de gauche à droite.  (Virgile Guinard (pour Kenneth Ize), Fumihito Ishii (pour Kei Ninomiya), Coperni, Gauchere)

Derrière Gauchere se cache Marie-Christine Statz, une créatrice née en Allemagne - passée par la Chambre syndicale de la couture parisienne - qui montre un intérêt pour l’architecture, le design, des tissus luxueux et un savoir-faire artisanal. Arnaud Vaillant et Sébastien Meyer sont à la tête de Coperni, qu'il avait mis en sommeil lors de leur passage à la D.A. de Courrèges. Le duo, qui s'est rencontré en 2009 à Mod’Art International à Paris, a gagné en 2014 le prix Premières Collections de l'Andam. 

Le Nigerian Kenneth Izedonmwen, créateur de Kenneth Ize, propose une mode unisexe présentée à Paris et Lagos. "Nous cherchons à réinterpréter l’artisanat nigérian pour créer une vision originale du luxe dans le secteur du textile et de la mode. Nous travaillons avec des tisseurs et de nombreux groupes d’artisans et de créateurs du Nigeria". EnfinKei Ninomiya est le créateur de Noir Kei Ninomiya. Après des études en littérature française à l’université Aoyama de Tokyo et un passage inachevé à la Royal Academy of Fine Arts d’Anvers, il débute son aventure sous la houlette du collectif Comme des Garçons en 2012. Avec sa palette essentiellement noire, il allie romantisme et notes punk.

Première collection de Felipe Oliveira Baptista pour Kenzo

Kenzo a fait l'impasse en janvier sur son défilé masculin. Felipe Oliveira Baptista, le nouveau directeur artistique, présente donc l'homme en même temps que la femme. La maison Kenzo écrit une nouvelle page stylistique avec pour objectif de "garder l’esprit enthousiaste, nomade et ouvert sur le monde, propre à l’univers de son fondateur, Kenzo Takada". La marque a indiqué que "le logo Kenzo devient un éminent principe visuel, mobile, transformable pour de multiples expressions créatives".  

Felipe Oliveira Baptista, le directeur artistique de Kenzo
Felipe Oliveira Baptista, le directeur artistique de Kenzo (DR)

Kenzo n’a pas été le seul à faire l'impasse sur le défilé masculin en janvier dernier pour présenter un défilé mixte lors de la semaine de la mode féminine. Même topo pour Thom Browne, qui lui aussi a décidé que l'homme et la femme défileront ensemble, tout comme la marque française Celine par Hedi Slimane, à l'esthétique gender fluide.

Des créateurs chinois absents

Les créateurs chinois Shiatzy Chen, Jarel Zhang, Masha Ma, Calvin Luo et Maison Mai ne sont pas en mesure de présenter leur collection pour cause d'épidémie de coronavirus et "afin de garantir la bonne santé et la sécurité des personnels des deux pays et de réduire le nombre de contacts". La maison Uma Wang présentera, quant à elle, sa collection sous forme de présentation au lieu du défilé initialement prévu. La Fédération de la haute couture et de la mode met à leur disposition ses réseaux de communication afin de partager pendant cette période, en France et à l’international, leur travail.

Outre les shows, d'autres événements professionnels internationaux pourraient se voir menacer comme les salons. Les professionnels et les influenceurs chinois du secteur risquant de ne pas venir. "Cela peut représenter 30% d'invités en moins sur les défilés selon les marques", a prévenu le PDG de Kering, François-Henri Pinault, à quelques jours des Fashion Weeks de Milan et de Paris. 

La maison Hervé L. Leroux relancée

Célèbre notamment pour ses robes à bandes, glamour, qui donnaient aux femmes un corps de sirène, le couturier Hervé Léger (mort en octobre 2017) avait fondé sa maison en 2000 avec Jocelyne Caudroy, sa soeur. Cette dernière a souhaité faire vivre l'héritage d'Hervé Peugnet (son vrai nom) en écrivant un nouveau chapitre de l'histoire de la maison. La collection Atelier Hervé L.Leroux automne-hiver 2020-21, à l'élégance intemporelle, va associer de nouvelles silhouettes ultra-féminines aux célèbres robes drapées du couturier. Une collection d'une vingtaine de modèles - robes, jupes et hauts - dans une palette de couleurs emblématiques d'Hervé L. Leroux, toutes inspirées des pierres précieuses : rubis, saphirs améthystes… contrastant avec le noir profond. Autre nouveauté, la création d'une ligne "voyage, chic et casual". Chaque pièce de la collection est fabriquée en France. 

Un modèle de la nouvelle collection d\'Hervé L. Leroux, la maison est relancée par la soeur du créateur, février 2020
Un modèle de la nouvelle collection d'Hervé L. Leroux, la maison est relancée par la soeur du créateur, février 2020 (Hervé L. Leroux)

La présentation, formule plus intimiste, séduit toujours

En parallèle des 70 shows inscrits au calendrier, 26 marques optent pour la présentation en off (sous forme de mannequins statiques ou de mini défilé). Moins onéreuse, cette formule permet de voir de plus près les vêtements et de pouvoir rencontrer le créateur. Parfois, la présentation se tient dans la rue et le passant assiste alors à un défilé sauvage ! C'est un excellent moyen pour ces jeunes marques - les futurs talents de demain - de montrer leur travail.... Et si la presse et les acheteurs les plébiscitent, elles ont toutes les chances de se retrouver prochainement dans le calendrier officiel de la Fédération de la haute couture et de la mode. A côté des marques habituées à cette formule (Paul Smith, Patou, Dice Kayek, Alexandre Vauthier, George Hobeika, Schiaparelli...) s’essayent pour la première fois à l'exercice les maisons Boyarovskaya (France /2016), Germanier (France/2019), Thebe Magugu (Afrique du Sud/2019) et Xuly Bët (France/1991).

La Fédération de la haute couture et de la mode apporte aussi son soutien à la jeune création avec son nouveau showroom, Sphère, présent désormais quatre fois par an. La plupart sont également des marques inscrites aux calendriers officiels de la Paris Fashion Week en défilé ou en présentation. Pour cette seconde session, du 26 février au 3 mars 2020, sont à découvrir des marques émergentes aussi bien françaises qu’internationales : Alexandre Blanc, Boyarovskaya, Germanier, Ester Manas, Kenneth Ize, Rier, Sadaels et Thebe Magubu.

Certains se battent pour exister

En parallèle l'évènement, sustainable future for Fashion réunira treize créateurs représentant le futur de la mode britannique, reconnus pour leur leadership avant-gardiste dans le changement social et environnemental positif.

Enfin, d'autres créateurs moins connus du public - et ils sont très nombreux ! - présentent leur travail en marge de la PFW et se battent pour exister loin de toutes structures officielles. C'est le cas de Naco Paris, dont la marque fondée en 2001 avait connu une reconnaissance avec son shopper bag brandé Karl Who. Ce créateur anticonformiste - qui ne cesse de ré-interpréter la mode dans une vision très personnelle - présentera à la galerie Iconoclastes sa collection unisexe There is no punks at rue de Sèvres à laquelle s'ajoutera une performance, Poetry casual drag act par Naco Paris aka Madame Paris.

Collection Naco Paris automne-hiver 2020-21
Collection Naco Paris automne-hiver 2020-21 (Nathalie Sauvegrain aka Natydred / et slogan peint sur toile : Naco Paris)

Des spots créatifs à découvrir

Hors podiums, Paris fourmille de lieux où la création est à l'honneur. Créateurs, acheteurs, journalistes s'y croisent à la recherche de nouveautés. Les lieux où se tiennent les défilés sont parfois des podiums à ciel ouvert où le passant peut admirer les looks les plus insolites portés par les influenceurs, blogueurs, journalistes qui, dans la rue, attendent de rentrer dans la salle où se tient le show... C'est le street style ! 

La maison de haute maroquinerie française Le Luco Paris, fondée en 2018 par Nathalie Colas et Hélène Carrouée, lance sa première boutique parisienne (4, rue de Fleurus). Février 2020
La maison de haute maroquinerie française Le Luco Paris, fondée en 2018 par Nathalie Colas et Hélène Carrouée, lance sa première boutique parisienne (4, rue de Fleurus). Février 2020 (LE LUCO)

Loin des catwalks ouverts seulement à des happy few, la capitale bouillonne aussi de spots créatifs comme les salons, le plus souvent destinés aux professionnels (Tranoï, View, Vendôme Luxury et Première Classe) et les nouvelles boutiques. Ainsi, la maison de haute maroquinerie française Le Luco Paris, fondée en 2018 par Nathalie Colas et Hélène Carrouée, lance son e-store et ouvre sa première boutique (4, rue de Fleurus)… Hélène Carrouée, Directrice Artistique, crée des modèles au design essentiel et sophistiqué. Récemment ouverte, la boutique de la maison belge Natan (71, rue des Saints-Pères) propose un lieu dédié au savoir-faire et à l'artisanat.

Quant au concept-store Le diX - fondé par Adham Murray et Zeïneb Chaouch -, c'est une vitrine pour les jeunes marques (10, rue de Marignan) où l’on retrouve une sélection mode forte ainsi qu’un bar à ongles. Le diX se démarque en proposant des marques exclusives avec très peu de quantité, des pièces upcyclées qui suivent une démarche éco-responsable ainsi que des modèles réalisés en collaboration avec des artistes et des marques émergentes (House of Sunny, Anissa Aida, Tamarzizt ou Zed)… Outre son défilé, Kristina Fidelskaya posera ses valises chez Montaigne Market, pour un premier pop-up en Europe (du 27 février au 28 mars). A l'occasion de la sortie du documentaire Colette mon amour la boutique Kitsuné Tuileries (2, rue du 29 juillet) propose son Souvenir Shop (jusqu'au 4 mars) avec des produits en édition limitée. L'équipe du docu fait escale au cinéma MK2 Beaubourg jusqu'au 1er mars. Enfin, Olivier Theyskens, qui vient de rejoindre la maison Azzaro, est l'invité du pop-up R1Y Augousti pour une  installation exclusive destinée au lifestyle (103, rue du Bac). 

Louboutin, Saint Laurent, Demarchelier... des expos pour ceux qui ne sont pas invités aux shows

Pendant la PFW des expositions - permettent aux passionné(e)s qui n’ont pas d’invitations pour les défilés - de se faire plaisir. Pendant cette semaine de la mode, ne ratez pas ces importants rendez-vous aux musées. Ils sont nombreux cette saison : le travail du créateur de souliers Christian Louboutin L'exhibition(niste) est au Palais de la Porte Dorée (26 février-26 juillet), l'icône de mode et double féminin d'Yves Saint Laurent Betty Catroux est au musée d'Yves Saint Laurent (3 mars au 11 octobre), tandis que le Harper's Bazaar. Premier magazine de mode est au MAD (28 février-14 juillet), 

Les galeries, plus intimistes, proposent aussi de belles découvertes : c'est le cas d'Héritage, une exposition photographique regroupant les plus beaux tirages d’art du célèbre photographe français Patrick Demarchelier & de son fils Victor Demarchelier à l'A.Galerie (24 févier-11 avril). 

Haute couture Dior, le tailleur Bar 1947
Haute couture Dior, le tailleur Bar 1947 (PATRICK DEMARCHELIER)

Sans oublier l'exposition de l'artiste touche-à-tout Nochapiq, dont la matière de prédilection est le ruban (également appelé bolduc) qu'utilisent les maisons de luxe pour envelopper leurs produits. Dans cette exposition, Road Trip, que lui consacre la Joyce Gallery à Paris, une sélection d'objets embolduqués est à découvrir (jusqu'au 7 mars). 

Exposition Nochapiq \"Road Trip\" à la galerie Joyce à Paris : le plus grand objet emballé par Nochapiq est une sorte de totem porte-bonheur ébouriffé de Bolduc. Janvier 2020
Exposition Nochapiq "Road Trip" à la galerie Joyce à Paris : le plus grand objet emballé par Nochapiq est une sorte de totem porte-bonheur ébouriffé de Bolduc. Janvier 2020 (Mohamed khalil X Nochapiq)

Mention spéciale pour l'exposition A deux, c’est mieux au Bon Marché Rive GaucheParce que l’union fait la force, le magasin célèbre les duos via des collaborations créatives entre designers, maisons ou marques, voire entre une marque et un artiste. Les deux invitées de l'événement sont Morgane Sézalory, fondatrice de Sézane, et Morgane OrtinPour la première marque de mode française née en ligne, Morgane Sézalory, sa fondatrice a imaginé ici un dressing partagé : d’un côté, les collections femme de Sézane, de l’autre, celles d’Octobre Éditions, ligne masculine reposant sur le même sens du chic intemporel à la française. Pour l'autre invitée, Morgane Ortin, en créant le compte Instagram Amours Solitaires, elle ne s’imaginait pas qu’elle allait recueillir des milliers de SMS d’amoureux anonymes, dont elle a fait un livre. A l’approche de cette exposition, elle a convié sa communauté à lui envoyer d'autres déclarations… Ces messages sont exposés sur écrans géants sous les verrières centrales du magasin ainsi que dans les vitrines de la rue de Sèvres. 

Exposition \"A deux, c’est mieux\"  au Bon Marché Rive Gauche, février 2020
Exposition "A deux, c’est mieux"  au Bon Marché Rive Gauche, février 2020 (CORINNE JEAMMET)

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