"L'apocalypse est déjà là" : la créatrice de mode Marine Serre interpelle sur le climat à la Paris Fashion Week

Défilé Marine Serre printemps-été 2020 lors de la Paris fashion Week printemps-été 2019, le 24 septembre 2019
Défilé Marine Serre printemps-été 2020 lors de la Paris fashion Week printemps-été 2019, le 24 septembre 2019 (THOMAS SAMSON / AFP)

Pour la créatrice française, prix LVMH 2017, la mode passe plus que jamais par l'"upcycling". 

"L'apocalypse est déjà là": la jeune créatrice Marine Serre a mis en garde le 24 septembre, au deuxième jour de la PFW, sur le réchauffement climatique catastrophique, lors d'un défilé où la moitié des vêtements sont en "upcycling", un recyclage haut de gamme. De la fumée noire s'échappait au-dessus du podium couleur pétrole installé en pleine nature à l'hippodrome d'Auteuil pour ce show baptisé Marée Noire.

Défilé Marine Serre printemps-été 2020 lors de la Paris fashion Week printemps-été 2019, le 24 septembre 2019
Défilé Marine Serre printemps-été 2020 lors de la Paris fashion Week printemps-été 2019, le 24 septembre 2019 (THOMAS SAMSON / AFP)

Des invités étaient assis sur des tuyaux mouillés par la pluie au milieu des buissons. Les mannequins, dont une femme enceinte et plusieurs femmes âgées, étaient vêtus de noir pour la plupart avec des bijoux diffusant de la lumière rouge. Ils représentaient des "survivants de l'Apocalypse", le thème qui inspire la créatrice pour le deuxième défilé consécutif. Le thème noir est suivi par des ensembles en noir et rouge avec des jupes fluides.

Défilé Marine Serre printemps-été 2020 lors de la Paris fashion Week printemps-été 2019, le 24 septembre 2019
Défilé Marine Serre printemps-été 2020 lors de la Paris fashion Week printemps-été 2019, le 24 septembre 2019 (THOMAS SAMSON / AFP)

"L'apocalypse est déjà là, c'est plus une réponse, ce n'est pas une deuxième apocalypse. Je vois l'apocalypse comme une vague noire. Et après, qu'est-ce qu'on fait avec cette vague noire ? L'idée était de reconstruire de petits groupes et montrer ce qu'on fait quand on n'a plus rien", a déclaré la créatrice à l'AFP après le défilé.

Défilé Marine Serre printemps-été 2020 lors de la Paris fashion Week printemps-été 2019, le 24 septembre 2019
Défilé Marine Serre printemps-été 2020 lors de la Paris fashion Week printemps-été 2019, le 24 septembre 2019 (THOMAS SAMSON / AFP)

Elle a précisé que "50% des looks entiers de la collection - des pantalons, des tops" étaient en "upcycling", un surcyclage qui consiste à donner un nouvelle vie haut de gamme à un produit. Des sets de table en crochet deviennent ainsi des pulls, les draps et les rideaux "du vieux monde" sont transformés en robes de jour. De longues robes blanches à plusieurs couches sont faites à partir de chemises de nuit, dentelle et vieux châles en maille. Le motif croissant, signature de Marine Serre, est omniprésent, ainsi que des masques à gaz déjà dévoilés lors de défilés précédents.

Défilé Marine Serre printemps-été 2020 lors de la Paris fashion Week printemps-été 2019, le 24 septembre 2019
Défilé Marine Serre printemps-été 2020 lors de la Paris fashion Week printemps-été 2019, le 24 septembre 2019 (WWD/REX/SIPA / SHUTTERSTOCK)

Un engagement de longue date  

Pour la créatrice, prix LVMH 2017, la mode passe plus que jamais par l'"upcycling". La saison dernière, elle avait signé l'un des spectacles les plus impressionnants de la Paris Fashion Week automne-hiver 2019-20 avec un défilé décrivant un univers apocalyptique où "les crises écologiques et les guerres climatiques détruisent les restes de la civilisation telle que nous la connaissons". Encagoulées ou protégées par des masques à gaz, les mannequins avaient évolué dans des grottes portant des pièces en partie (15%) fabriquées avec des matériaux recyclés.

Pour ce show Radiation movie, qui se tenait dans un avenir pas si lointain, dans un paysage urbain jonché de vestiges d'un passé décadent, une nouvelle flore se développe sur les vestiges de la vie parisienne du 21e siècle. Des personnages étranges déambulent dans les rues, se contentant de ce qui a été laissé : coquillages, objets métalliques, puces - sont désormais des artefacts pour orner les corps. Le masque masque les vapeurs nocives de la ville; la combinaison de lune constitue une seconde peau pour éviter l'exposition aux rayons nocifs.  

Le vêtement phare de sa collection printemps-été 2019 était, quant à lui, la robe du soir confectionnée avec de vieilles couvertures. 

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