"Tout commence par un dessin" : une exposition dédiée au créateur de chaussures Christian Louboutin ouvre à Paris

Soulier Maquereau, première création de Christian Louboutin en 1987, devant l\'aquarium tropical du Palais de la Porte Dorée (1988). 
Soulier Maquereau, première création de Christian Louboutin en 1987, devant l'aquarium tropical du Palais de la Porte Dorée (1988).  (CHRISTIAN LOUBOUTIN)

C'est la première rétrospective consacrée au créateur des fameux escarpins aux semelles rouges. Baptisée "Christian Louboutin l'exhibition[niste]", l'exposition couvre 30 ans de création et d'influences.

Des Louboutin, tout le monde voit à quoi ça ressemble ou croit le savoir. Mais qui est vraiment Christian Louboutin, le créateur de chaussures qui a choisi de s'exposer dans le 12e arrondissement de son enfance, au Palais de la Porte Dorée ?

Christian Louboutin dans la galerie du Palais de la Porte Dorée, le 25 février 2020.
Christian Louboutin dans la galerie du Palais de la Porte Dorée, le 25 février 2020. (SOPHIE AUVIGNE / RADIO FRANCE)

Christian Louboutin explique ce qui a déclenché sa vocation : "Tout commence par un dessin. Le dessin originel, pour moi, c'est ce dessin que j'ai vu pour la première fois au rez-de-chaussée de ce musée de la Porte Dorée, un dessin de profil, barré de rouge. Il représentait un soulier des années 1950. J'ai vu ça dans les années 1970. Il demandait à ne pas franchir le seuil avec des talons qui cassaient les planchers." 

Panneau de signalétique à l\'origine de la vocation de Christian Louboutin. 
Panneau de signalétique à l'origine de la vocation de Christian Louboutin.  (CHRISTIAN LOUBOUTIN)

Et c'est parti ! Le jeune Christian dessine puis fabrique. Un bidouillage "génial", selon Olivier Gabet, directeur du musée des Arts décoratifs et commissaire de l'exposition : "C'est quelqu'un qui est dans le bricolage, dans l'expérimentation et notamment le fameux soulier 'maquereau' de 1987 qui est vraiment un des premiers souliers fait par Christian lui-même. Il va chez le poissonnier, il achète des poissons, il prend le temps de gainer ce soulier de peau de maquereau."  

Et la fameuse semelle rouge, alors, devenue sa signature ?  "Les premières œuvres n'ont pas de semelles rouges, précise Olivier Gabet. La semelle rouge arrive un peu plus tard, au tout début des années 1990."  

Il pique à une de ses assistantes son vernis à ongles rouge et il commence à recouvrir la semelle, se rend compte que le rouge est vraiment la couleur magique et ça devient la signature de la maison.Olivier Gabet, commissaire de l'expositionà franceinfo

Les semelles laquées rouges de Christian Louboutin deviennent emblématiques. "Et ça dans le monde entier, même si on ne s'intéresse pas à la mode, on a quand même l'idée de ce que cela veut dire", s'extasie le commissaire.  

Les influences de Christian Louboutin sont éclectiques, du chausseur classique des années 1960 Roger Vivier au monde de la nuit et des cabarets, d'Andy Warhol à Marlene Dietrich en passant par le Bhoutan ou l'art précolombien. Les créations de Christian Louboutin ont un autre point commun hormis le rouge… Elles portent toutes un petit nom donné par leur créateur. Pigalle, Love, Pluminette, Hip hip hip, Corset d'amour, Baobab ou Fifille… Un tout petit échantillon.

Croquis du modèle Love.
Croquis du modèle Love. (CHRISTIAN LOUBOUTIN)

"De temps en temps je me réveille et il y a un nom qui me vient dans la tête, explique le créateur. Je me dis : ah ! c'est très joli, il faut que je le garde. Donc je mets un Post-it quelque part. À un moment, le nom trouve soulier à son pied. Je sais que j'ai dessiné plus de 30 000 souliers différents, entre 30 et 40 000. J'attends maintenant calmement les 100 000 noms", conclut-il dans un sourire.

Christian Louboutin au palais de la Porte Dorée, un reportage de Sophie Auvigne pour franceinfo.
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Christian Louboutin, l'Exhibition[niste] au Palais de la Porte Dorée à Paris, jusqu'au 26 juillet.

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