"Un printemps 76" : la madeleine verte de Vincent Duluc

(Vincent Duluc © Sipa Press)

Le 17 mars 1976,un mythe naissait, l'équipe de football de l'AS Saint Etienne. Ce jour-là, au stade Geoffroy Guichard, "Les Verts" se qualifient pour les 1/2 de la coupe d'Europe des clubs champions en battant aux prolongations le Dynamo de Kiev.

En 1976 Vincent Duluc a 13 ans, il vit à Bourg-en-Bresse dans l'Ain, à 140 km au nord-est de Saint-Etienne. Il est un adolescent aux résultats scolaires médiocres, ce qui désespère son père enseignant. Peu de distractions, trois chaînes de télévision en noir et blanc et pour le passionné de football qu’il est déjà, la fréquence des matches est d’à peine six par an.  Les Verts ont incarné cette époque, avant le foot business et ses stars surpayées. "Printemps 76" sent la province, le formica, les vinyles de rock et puis il y'a Evelyne, car en 1976, les garçons timides tombaient souvent amoureux d'une Evelyne.

Le réveil du football français 

Pour oublier les défaites avec Evelyne, il y'avait les verts. Saint Etienne, en 1976, c'est un phénomène unique : le réveil du football français, alors que se meurt la classe ouvrière. Le dernier puits minier a fermé en 1973, Manufrance arrive sur le maillot des joueurs alors que l’entreprise est déjà en déclin et l’usine sidérurgique  "Creusot-Loire" ne va pas mieux. Dans ce stade à l’anglaise, derrière les buts se trouvent les tribunes  "populaires" comme on disait à l’époque. Dans ces gradins où les ouvriers venaient le temps d’un match oublier leurs malheurs,  on n’aimait pas les joueurs esthètes, ce qui a fait la légende de Saint-Etienne, ce sont les grandes enjambées de l’argentin Oswaldo Piazza, cheveux aux vents, le public réclamait du courage, de l’abnégation, comme s’il attendait que l’équipe s’identifie à lui, qu’elle soit laborieuse au sens noble du terme pour mériter son soutien.

Le récit d'un monde disparu 

Vincent Duluc parle de Rocheteau, Kurcovic, Larqué, Piazza, hier stars modestes, aujourd'hui,  "actionnaires minoritaires du plus beau moment de leur vie". Il raconte un monde disparu, celui d'un patronat paternaliste, de solidarités familiales. Mais parce que le football est un jeu qui se joue à 11 où les allemands gagnent à la fin et qu'à Glasgow le 12 mai 1976, les poteaux étaient carrés, la défaite contre le Bayern Munich est à jamais la plus belle des victoires.

Vincent Duluc "Un printemps 76" - Chronique de Thierry Fiorile pour France Info
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"Un printemps 76" de Vincent Duluc chez Stock

("Un printemps 76" de Vincent Duluc © Stock)

Le match Saint Etienne Kiev du 17 mars 1976 en quart de finale retour de la coupe d’Europe des clubs champions :

Chanson : Qui c’est les plus forts ?

 

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