Confinement : le Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil ouvre son salon virtuel

Affiche du Salon du livre et de la presse jeunesse virtuel de Montreuil \"10e Art, les chemins buissonniers de la littérature jeunesse\", 8 avril 2020
Affiche du Salon du livre et de la presse jeunesse virtuel de Montreuil "10e Art, les chemins buissonniers de la littérature jeunesse", 8 avril 2020 (SLPJ 2020)

Une belle ouverture sur le monde de la littérature jeunesse, avec des propositions de lectures, de rencontres, et de jeux pour les enfants. 

A circonstances exceptionnelles, salon exceptionnel. L'équipe du SLPJ (Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis) a décidé de lancer le mercredi 8 avril 2020 un salon du livre jeunesse virtuel, qu'ils ont baptisé "10e Art, les chemins buissonniers de la littérature jeunesse".

"On pense surtout aux enfants, qui se retrouvent dans une situation difficile à cause du confinement", nous confie  Sylvie Vassallo, directrice du salon. "Et aussi aux parents, pour qui c'est difficile aussi, parce qu'on leur a délégué des missions habituellement assurées par la collectivité, comme l'éducation", ajoute-t-elle. 

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L'équipe du salon s'est rapidement mobilisée pour lancer ce site virtuel. "On a voulu entrer en action", souligne Sylvie Vassallo, qui aime à qualifier la littérature jeunesse de "10e art". Pour la directrice du salon, la littérature jeunesse est cet art à part entière, et singulier, qui conjugue les textes et les images. "Et c'est dans cet espace, entre le texte et l'image, que peut se déployer l'imagination des enfants". L'idée aussi, dit-elle, était de faire de l'écran, "très utilisé pour le temps scolaire en ce moment", une porte d'ouverture sur la littérature jeunesse. 

Comme un vrai salon

On entre dans ce salon virtuel comme on entrerait dans un vrai salon. "On arrive dans un espace avec une dizaine de cases, qui sont comme des pièces ou des espaces d'un salon", explique Sylvie Vassallo. Et dans ces salles, on retrouve des expositions, des salles d'interviews, des rencontres, des espaces de jeux. "Le programme va évoluer, comme dans un vrai salon", ajoute-t-elle. 

On peut par exemple retrouver cette semaine un jeu littéraire lancé avec La Grande Ourse et  l'auteur Gilles Bachelet. L'idée du jeu est de faire découvrir aux enfants l'histoire et le patrimoine de la littérature jeunesse. "Cette semaine, c'est Benjamin Rabier, et la semaine prochaine, ce sera un autre thème", explique Sylvie Vassallo. 

Gilles Bachelet au Salon du livre et de la presse jeunesse de Seine-Saint-Denis en novembre 2011 avec un détail de la couverture de \"Madame le lapin blanc\" (Seuil Jeunesse), Pépite du meilleur album jeunesse en 2012
Gilles Bachelet au Salon du livre et de la presse jeunesse de Seine-Saint-Denis en novembre 2011 avec un détail de la couverture de "Madame le lapin blanc" (Seuil Jeunesse), Pépite du meilleur album jeunesse en 2012 (Thesupermat / WIKIMEDIA COMMONS)

Le salon virtuel lance également avec le soutien du département de la Seine-Saint-Denis un concours BD autour du livre de Chloé Wary, Saison des roses (Éditions Flblb, Prix du Public France télévisions 2020 au festival international de la bande dessinée d'Angoulême). La dessinatrice propose pendant trois mois des tutos en ligne pour apprendre à faire de la bande dessinée.

"L'idée est aussi d'interroger les enfants et les ados sur le foot, les relations filles/garçons, les stéréotypes, à travers cette BD très joyeuse de Chloé Wary qui raconte l'histoire d'une équipe de foot féminine". Cet atelier géant verra son aboutissement au Parc d’attractions littéraires prévu en juillet prochain.

Lieu de rendez-vous pour les professionnels du livre jeunesse

Une galerie d'art, des intermèdes littéraires, deux web-séries, des ateliers créatifs, des quizz littéraires , des promenades sonores, des idées de lectures via Kibookin... Ce nouveau salon virtuel entend nourrir à plein la curiosité et l'imagination des enfants, mais il a également pour ambition d'être un outil pour les acteurs de la chaîne du livre, mise à mal par cette crise. 

Sylvie Vassallo, directrice du Salon du Livre et de la Presse Jeunesse de Montreuil, 18 novembre 2015
Sylvie Vassallo, directrice du Salon du Livre et de la Presse Jeunesse de Montreuil, 18 novembre 2015 (GAËL DUPRET / MAXPPP)

"Nous sommes déjà habituellement au salon très attentifs aux préoccupations des acteurs de la chaîne du livre. C'est aussi notre rôle", explique Sylvie Vassallo. Le salon virtuel propose également un espace pour les professionnels du livre. "Il ne s'agit pas de se substituer aux sites des institutions ou des associations, mais plutôt comme un endroit où croiser toutes les informations et initiatives qui peuvent intéresser les professionnels du livre jeunesse", précise la directrice du salon. 

"Penser le monde de demain"

En cette période, insiste Sylvie Vassallo, l'imagination est devenue "plus que nécessaire". Pour "s'évader, mais aussi pour penser le monde de demain", estime-telle.

"Nous ne sommes pas neutres par rapport à ce qui se passe aujourd'hui, et nous avons une responsabilité vis à vis des enfants. Je pense que la littérature jeunesse est un lieu où l'on peut participer à cette réflexion, et aussi à l'action", conclut Sylvie Vassallo.

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