"Le Goncourt rapporte l'immense privilège d'être maître de son temps" : Jean-Paul Dubois de retour chez lui à Toulouse

Jean-Paul Dubois
Jean-Paul Dubois (ALAIN JOCARD / AFP)

Récompensé lundi pour son roman "Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon", Jean-Paul Dubois est rentré à Toulouse où il a répondu aux questions de nos confrères de France 3.

Lundi soir, invité du 20 heures de France 2 après le tourbillon d'une folle journée, Jean-Paul Dubois confiait à propos du Goncourt qu'il venait de recevoir "C'est comme le jour de Noël, c'est agréable mais le lendemain rien n'a changé".

C'est sans doute pour confirmer cette sensation que l'auteur est rentré chez lui en région toulousaine dès cette semaine. Loin de l'effervescence médiatique, il s'est confié à nos confrères de France 3 Toulouse. L'occasion d'entendre un Jean-Paul Dubois réputé très discret parler de la ville rose, du Goncourt et de son inspiration.

Ô Toulouse

"Pour moi, Toulouse ce sont des bouts". Quand il parle de la ville rose, Jean-Paul Dubois convoque des endroits comme la petite cour derrière l'église Saint-Etienne où il jouait au basket, et des moments comme ces "courses de mobylette autour du Grand Rond"... Ce qu'il appelle "les mondes de l'enfance".

Le Goncourt et la liberté

Trois jours après avoir reçu le plus prestigieux des prix littéraires, Jean-Paul Dubois explique l'impact du Goncourt et de ses retombées sur sa vie future :

Le Goncourt apporte le privilège d'être maître de son temps.Jean-Paul Dubois

Le romancier s'est vu remettre un chèque de dix euros qui est la prime du prix Goncourt. Mais évidemment l'impact financier du prix est énorme et il se réjouit déjà de cette liberté que pourront lui procurer ces retombées financières. La liberté de ne pas travailler s'il n'en a pas envie, de "réparer des toitures ou des bagnoles";  la liberté de s'occuper d'un proche malade, de son chien ; la liberté de "perdre mon temps".

Le combustible de la vie

Son inspiration, Jean-Paul Dubois la puise dans ce "combustible" qu'est la vie. Le personnage central de Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon, est un ami gardien d'immeuble à Montréal. "Je l'ai appelé et lui ai dit : Serge tu as le Goncourt. Vous auriez entendu son cri de joie !".

Jean-Paul Dubois se nourrit de ces rencontres de la vie qui l'imprègnent, et dix ou quinze ans plus tard : "Tout ça va se mettre dans un certain ordre, dans un entonnoir, va infuser" . De cette matière disparate le romancier va faire quelque chose "de cohérent et de loyal".

Avec lui rien n'est jamais fabriqué :

"Tous les gens qui sont là (dans mes romans) sont des gens qui m'habitent, les morts et les vivants aussiJean-Paul Dubois

Jean-Paul Dubois : "Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon" Editions de l'Olivier

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