L'Instant T de Gilles Vervisch

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Qu’est-ce que le mérite ? Qu’est-ce que la réussite ? Un prolétaire est-il moins méritant qu’un patron ? Et puis d’ailleurs qui décide de tout ça ? A l’heure où beaucoup s’interrogent sur leur place dans la société… Il est sage de se tourner vers un philosophe qui a réfléchi au sujet ! Gilles Vervisch est l’auteur du livre « Peut-on réussir sans effort ni aucun talent » (éditions Le Passeur) que nous allons décrypter

Qu’est-ce que le mérite ? Qu’est-ce que la réussite ? Un prolétaire est-il moins méritant qu’un patron ? Et puis d’ailleurs qui décide de tout ça ? A l’heure où beaucoup s’interrogent sur leur place dans la société…

Il est sage de se tourner vers un philosophe qui a réfléchi au sujet ! Gilles Vervisch est l’auteur du livre « Peut-on réussir sans effort ni aucun talent » (éditions Le Passeur) que nous allons décrypter. Son instant T c’est l’obtention de son agrégation de philo ! « Un concours, sélectif, exigeant en termes de niveau de connaissances » dit le dictionnaire et pourtant, dans son livre, sans le spoiler, le philosophe affirme que la « méritocratie » est une fumisterie !

Nous nous interrogeons justement sur la notion de mérite : réussit-on parce qu’on le mérite ? Gilles Vervisch cite Machiavel  qui souligne que malgré toute la bonne volonté, le talent et les efforts du monde, la chance peut se retourner contre celui qui méritait de réussir, le cas de Caesar Borgia (1475/1507) que Machiavel admirait tant et qui malgré toute sa pugnacité, ses relations et ses ambitions, a échoué car la chance a tourné. Gilles Vervisch s’interroge aussi sur la « réussite » : pour cela il ne s’appuie pas sur les bouquins de développement personnel qui fleurissent aujourd’hui, mais sur le philosophe Aristote : « Le sage n’est pas celui qui réussit tout ce qu’il entreprend mais au contraire supporte les vicissitudes du sort et sait tirer parti des circonstances… » ; Des textes anciens qui s’appliquent parfaitement à notre société française d’aujourd’hui.

L’instant T c’est aussi une expertise, un point de vue : alors réussir sa vie ? Qu’est-ce que cela veut dire ? Sur quoi se base-t-on pour affirmer que quelqu’un a réussi sa vie ?? Pour nous y faire réfléchir, le philosophe met en parallèle deux personnalités : Van Gogh et Meyerbeer ! Le premier est un immense peintre mondialement reconnu qui s’est suicidé après une existence triste et solitaire, sans reconnaissance de ses contemporains: il n’a vendu qu’une toile à 400 euros de toute sa vie.  Giacomo Meyerbeer  né en 1791 et mort en 1864, domine la scène lyrique internationale pendant plusieurs décennies ; il est comparé à Mozart, ses œuvres sont données partout ; il a des obsèques nationales, une rue à son nom…..  Mais aujourd’hui qui le connait ? Alors lequel des deux a le mieux réussi sa vie ?? Celui qui a été inconnu et méprisé de son vivant mais passe à la postérité ? Ou celui qui a été adulé mais est oublié à peine décédé ?

On regarde une vidéo de Kim Kardaschian pour lancer notre réflexion sur ce que Gilles Vervisch appelle «  le mirage de la méritocratie » : pourquoi cette dame gagne plus qu’une infirmière ? Le mérite-t-elle ?  On a pourtant appris à l’école que l’utilité sociale faisait la valeur d’un travail non ? La réussite et le mérite devrait revenir à ceux qui bossent durs, Gilles Vervisch souligne à quel point c’est inexact: Plus un métier exige d’effort et de fatigue, plus il est mal payé. 

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