"J'avoue, j'ai pas retenu grand-chose" : entre grosse fatigue et petits couacs, on a suivi la première journée du service national universel

Dans la cour du lycée Aristide Briand, à Évreux, premier lever de drapeau pour les jeunes volontaires du service national universel.
Dans la cour du lycée Aristide Briand, à Évreux, premier lever de drapeau pour les jeunes volontaires du service national universel. (FARIDA NOUAR / RADIO FRANCE)

Les 2 000 premiers volontaires du service national universel ont été accueillis dans 14 centres répartis dans 13 départements. Exemple, dans un lycée à Evreux, dans l'Eure.

Formation en U, autour du drapeau bleu blanc rouge. Les jeunes volontaires en uniforme (pantalon et veste bleu marine, polo blanc, casquette) se tiennent bien droit, les bras bien alignés le long du corps, dans une posture un brin militaire. Il est 7h30, lundi 17 juin, dans la cour du lycée polyvalent Aristide-Briand d'Evreux (Eure), et ces jeunes gens font partie des 2 000 premiers volontaires du service national universel (SNU), promesse de campagne d’Emmanuel Macron, pour renforcer la cohésion nationale et promouvoir l’engagement auprès des jeunes.

Ils n’ont pas pris leur petit déjeuner, alors certains ne résistent pas et il y a quelques malaises. Ces jeunes ados n’ont pas l’habitude de se lever aussi tôt. Curtis, 16 ans, arrive du Vaucluse. "On a mis le réveil à 5h30 pour arriver à l'heure au lever du drapeau. Je voulais voir ce que c'était... J'ai cru que ça allait être un peu plus strict. Mais ça va, c'est strict !"

Parmi les règles à respecter, pour ces 12 jours de service national universel, pas le droit d’utiliser son téléphone portable dans la journée, ni de fumer. Place aux modules en groupe sur l’égalité hommes-femmes, ou sur les valeurs de la République. Mais comme la nuit a été courte, beaucoup de volontaires ont du mal à se concentrer. Paul et Karine, 16 ans, piquent du nez. "J'avoue, je n'ai pas retenu grand-chose, en fait, reconnaît Karine. C'était intéressant, mais avec le voyage et tout,  j'avais du mal à suivre." "C'était difficile, mais vu qu'on écoutait, ça nous a aidé à rester éveillés, s'amuse Paul. J'ai retenu des choses... pas très précises mais j'ai retenu des choses."

Pas de portables ni de cigarettes

A Evreux, ils sont lycéens en filière générale ou élèves décrocheurs, et certains viennent de loin. De Guyane, de la Creuse, du Morbihan. Certains, dans des coins, versent quelques larmes, car ils sont loin, de la maison. 

A la mi-journée, les traits sont tirés. Karine fait un premier bilan, émaillé de quelques couacs. "Ce matin, ils nous ont fait placer devant le drapeau une demi-heure avant l'arrivée des gens, pour nous disposer correctement, dans le bon sens, et tout... Alors qu'on l'avait déjà fait la veille ! On a remarqué plein de trucs qui n'allaient pas dans l'organisation, aujourd'hui. On a vu des tuteurs galérer avec leurs emplois du temps, ne pas trouver les salles dans lesquelles on devait avoir cours... On n'a pas pu faire un test qu'on était censés faire, par exemple. C'est le premier jour, on va dire que ça se met en place..."

Tous sont ici par choix. Nicolas, du Val-d’Oise, 16 ans, est venu chercher ici une vie en collectivité. "La cohésion, le partage... Moi, je suis tout seul, à la base, je ne suis pas avec d'autres jeunes." Au programme du reste de cette première journée, notamment, une initiation au Code de la route. Cette première phase doit durer, en tout, 12 jours.

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