Inédit : "Hamlet" et "La tempête" de Shakespeare traduits en corse

Jean-François Rosecchi pendant la scéance de dédicaces
Jean-François Rosecchi pendant la scéance de dédicaces (France 3 / Culturebox)

"Hamlet" et "La Tempête", deux chefs d'oeuvre de Shakespeare traduits en langue corse : la démarche est inédite. Le travail réalisé par Marc Biancarelli et Jean-François Rosecchi a donc tout d'un événement dans le monde de l'édition. Les ouvrages qui viennent de paraître chez Colonna Edition suscitent un réel engouement sur l'Île de Beauté.

C'est jour de dédicace à la librairie bastiaise "A Piuma Lesta". Il y a affluence. On se dit sans doute que le phénomène Houellebecq touche aussi l'ïle de Beauté. Mais les auteurs et les livres qui attirent les visiteurs ne sont pas médiatiques comme l'auteur de "Sérotonine".

Shakespeare en corse, "ce n'est pas incongru"

Les oeuvres que Marc Biancarelli et Jean-François Rosecchi dédicacent sont celles d'une signature universelle, celles d'un certain William Shakespeare dont ils ont traduit en langue corse deux monuments : "Hamlet" et "La Tempête", ce dernier devenu "A Timpesta". Et manifestement, à voir l'attente pour les dédicaces, il y avait une envie de Shakespeare en corse. "Pour moi qui n'ai pas lu Shakespeare", explique un acheteur, "mais qui ai eu la chance de le jouer, de le découvrir par le théâtre, c'est une occasion de me plonger dans ces livres."

Un an de travail a été nécessaire à Jean-François Rosecchi et à Marc Biancarelli pour traduire ces deux oeuvres :

La première surprise que j'ai eu c'est que ça marche très bien. Ce n'est pas incongru que ces personnages parlent corse. C'est un rythme, une langue rocailleuse.
Jean-François Rosecchi


Reportage France 3 Corse : S. Bonifay  / A. Gouty / Y. Moil
Pour les auteurs de ces traductions il y a comme point de départ un amour pour ces pièces du maître anglais mais aussi une démarche linguistique : "C'est la manière de traiter cette langue, le corse, comme si elle avait vraiment une portée universelle sans qu'on ait à y réfléchir" explique Marc Biancarelli. "On a voulu que ce soit une traduction en corse comme ça aurait été logique de faire une traduction en français ou dans une langue qui a une plus grande audience."

Shakespeare revient sans cesse à nous

Ces traductions en corse qui viennent s'ajouter à la centaine de langues dans lesquelles "Hamlet" et "La Tempête" ont été traduites montre aussi que, 400 ans après sa mort, Shakespeare reste d'une étonnante modernité. Un phénomène qu'Emmanuel Boisset, professeur de lettres trouve assez paradoxal.

C'est un auteur qui est extrêmement situé : de la Renaissance, élizabéthain, dans une langue qui est très lointaine pour nous et pourtant, par une série de médiations, de traductions, de mises en scène, dans les sciences humaines même (Freud, Bachelard, Lacan) Shakespeare ne cesse de revenir à nous.
Emmanuel Boisset


Devant le succès de leur initiative, Marc Biancarelli et Jean-François Rosecchi réféchissent déjà à la traduction d'autres oeuvres étrangères.

"Esse o un esse micca eccu a quistione. To be or not to be, that is the question"

 

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