Fermeture de Megaupload : les hackers ripostent, le site de l'Elysée piraté

Le site de L\'Elysée a été piraté vendredi 20 janvier 2012. \"We Are Legion\" est le slogan du collectif de hackers Anonymous.
Le site de L'Elysée a été piraté vendredi 20 janvier 2012. "We Are Legion" est le slogan du collectif de hackers Anonymous. (FTVI )

Le collectif Anonymous a également piraté les sites du FBI, du ministère de la Justice américain et de la Hadopi dans la nuit de jeudi à vendredi, à la suite du blocage d'un des plus importants sites de partage de fichiers au monde.

"Préparez le pop-corn... La nuit va être longue et drôle." Les activistes du groupe Anonymous n'ont pas tardé à réagir à la fermeture du site de téléchargement Megaupload jeudi 19 janvier par le ministère de la Justice américain. Sur Twitter, le collectif d'internautes anonymes se vante déjà de "la plus grande attaque" de son histoire, avec plus de 5 000 participants qui ont réussi à pirater les sites du FBI, de la Maison Blanche et même de la Hadopi (Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet) en France. Ce site était toujours indisponible vendredi après-midi.

En fin de journée, le mouvement s'est également attaqué au site de l'Elysée. Selon les navigateurs, un message différent apparaît à la fin de l'adresse URL du site de la présidence. Sur Chrome, on peut lire "We are legion!", la devise des Anonymous. D'autres messages, plus hostiles à Nicolas Sarkozy, apparaîssent sur Mozilla Firefox et Internet Explorer. En fin de journée, le site n'était plus accessible du tout. 

 "Opération Megaupload" 

Selon les chiffres, cités Libération, de l'entreprise américaine Akamai, suit l'évolution du trafic Internet mondial en temps réel, les attaques contre des sites web sont en hausse de plus de 24 % vendredi. Dans la nuit, en France, des milliers d'internautes ont lancé des attaques contre de nombreux sites officiels américains. Des attaques dites "en déni de service", réalisées grâce à l'application LOIC destinée à inonder les serveurs avec des demandes de connexion répétées, jusqu'à les rendre inaccessibles.

Au cours de cette offensive baptisée #OpMegaUpload et revendiquée sur le site Pastebin, les sites du FBI puis du ministère de la Justice américain, de la Maison Blanche, de Warner Music Group, d'Universal Music ou encore de l'association professionnelle du disque RIAA (Recording Industry Association of America) ont été rendus inaccessibles. Ces trois derniers sites l'étaient toujours vendredi à 8 h 30. La page Wikipedia de la Hadopi a elle aussi été touchée.

Les hashtags #OpMegaUpload et #OpPayBack sont vite devenus des "trending topics" (hashtags les plus utilisés), avant d'être retirés manuellement par Twitter selon l'association Internet sans frontières

Reprise en main du web

Cette action intervient en plein débat aux Etats-Unis sur la liberté de l'internet et la défense du droit d'auteur. Examinés au Congrès américain, les projets de loi Sopa et Pipa contre le téléchargement illégal sont vivement critiqués et ont donné lieu mercredi au "black-out" volontaire de divers sites, dont la version anglophone de Wikipedia, au nom de la défense de la diffusion du savoir sur internet.

"Le jour que nous attendions tous est malheureusement arrivé. Les Etats-Unis censurent l'internet", assure ainsi une vidéo en ligne attribuée au collectif Anonymous, en faisant référence à une volonté de "reprise en main" du web prêtée au gouvernement américain. "Nous ne resterons pas assis à regarder pendant que vous [le gouvernement] supprimez peu à peu nos droits à la libre-expression."

Publiée à la suite de la fermeture de Megaupload, une autre vidéo intitulée Ne nous cherchez pas annonce le début d'une "nouvelle ère", précisant qu'il "est temps d'agir, la nation doit s'unir et combattre les tyrans".

Une "cyberguerre civile mondiale"

Selon le site spécialisé Numerama, la fermeture de Megaupload "ressemble déjà à la goutte d'eau qui provoquera une véritable cyberguerre civile mondiale entre internautes activistes qui se sentent de plus en plus censurés sur l'internet qu'ils ont fondé, et les pouvoirs publics qui veulent préserver une certaine conception de l'ordre public".

Les rapports de force sur internet sont remis en question, estime Numerama, qui rappelle que "beaucoup d'utilisateurs, certes très certainement minoritaires, utilisaient les services de Megaupload pour stocker des contenus personnels ou professionnels auxquels ils ne peuvent plus aujourd'hui accéder".

S'inspirer des radios libres

La branche française du Parti pirate, qui prône le libre accès à internet et la réforme du droit d'auteur, affirme que la répression, telle qu'elle est pratiquée par le FBI ou la Hadopi en France, n'est pas la solution et suggère de s'inspirer de l'expérience des radios libres. Son coprésident Maxime Rouquet défend la légalisation du partage à but non lucratif et souhaite la mise en place d'un mécanisme de gestion collective sur internet.

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