E-Sport : des joueurs pros en quête d'un statut

(Une compétition d'e-sport en février 2016 à Lyon. © Maxppp)

Avec 200 millions de spectateurs et plus de 30 millions de pratiquants dans le monde, l’e-sport, qui propose des compétitions de jeux vidéos, ne cesse de prendre de l’importance. En France, un rapport parlementaire a été remis, il y a quinze jours, à la secrétaire d’Etat chargée du numérique pour mieux encadrer le sport électronique et proposer un statut aux joueurs professionnels.

C’est dans un grand bâtiment moderne, adossé au siège de la très sérieuse DGSI à Levallois-Perret, que Millenium a installé sa “gaming house”, son centre d’entraînement, depuis bientôt un an. Au rez-de-chaussée, quelques-uns des 34 joueurs que compte l’équipe enchaînent les clics devant leur écran. Parmi eux, Jérémie Amzallag, 21 ans, plus connu  dans le monde de l'e-sport.

Casque vissé sur les oreilles, les mains sur le clavier et sur la souris, il révise ses stratégies de jeu. C’est grâce à cet entraînement quotidien qu’il est devenu un champion du jeu HearthStone, l’un des plus populaires dans le monde de l’e-sport. Depuis quelques années, ce monde s'est professionnalisé. Les compétitions se multiplient mettant en jeu des sommes allant jusqu'à plusieurs millions d'euros pour les vainqueurs. "Ça se rapproche de plus en plus du sport professionnel. On pourrait comparer ça au basket-ball et à la Pro A, explique le joueur pro. On a des maillots, des sponsors... C'est comparable en terme de modèle économique. "

E-Sport : des joueurs pros en quête d'un statut - reportage Matthieu Mondoloni
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Quatre millions de spectateurs réguliers

Comme pour les basketteurs ou les footballeurs professionnels, les meilleurs joueurs e-sport vivent de leur passion. Jérémie touche entre 2.000 et 5.000 euros par mois. C’est un peu moins , de son vrai nom Michael Looze. Lui gagne 1.800 euros par mois en moyenne. Ce jeune belge de 20 ans a rejoint très récemment l’équipe Millenium et sa Gaming House.

Il nous fait visiter les lieux. Ici un bar et une pièce où sont exposés les nombreux trophées remportés par son équipe, là une salle d’entraînement. Et puis derrière une porte, une grande pièce un peu particulière : l'e-sport Arena. "Ici, on peut accueillir une centaine de personnes qui viennent ainsi assister aux matchs. Il y a un écran géant, des sièges et un poste pour les commentateurs. "

A l'image du sport professionnel, les rencontres d'e-sport sont diffusées sur des web-télévisions. Selon la secrétaire d'Etat en charge du numérique, Axelle Lemaire, en France, ce sont quatre millions de spectateurs qui suivent les matchs, et 850.000 personnes qui jouent à des jeux e-sport. Régulièrement, des stades et des salles de spectacles font le plein en proposant des compétitions. Car l'e-sport est en plein boom depuis maintenant trois ans.

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Bientôt un stade dédié à l'e-sport ?

"La croissance continue, c'est ça qui est incroyable, explique Rémy Chanson, directeur e-sport de Millenium. Et il n'y a pas que les compétitions. Tout ce qui existe autour va se développer : merchandising de maillots, shows avec des groupes de musique internationalement connus en avant-première des matchs, déplacements de supporters... " La société qui possède Millenium, Webedia, est également propriétaire de plusieurs zéniths en France. "D'ici quelques années, on y organisera des rencontres. Et pourquoi pas construire un stade dédié à cette discipline ", poursuit Rémy Chanson.

Face à cet engouement, les médias s’intéressent également de plus en plus au sport électronique. Une émission lui est dédiée sur l’Equipe 21, et l’Agence France presse publiera bientôt les résultats des rencontres comme elle le fait déjà pour les sports traditionnels.

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