Langage artistique protéiforme et coup de poing politique : le Sud-Africain William Kentridge exposé au LaM de Villeneuve d'Ascq

Drum, partie des décors réalisés pour la pièce Sophiatown, 1989.
Drum, partie des décors réalisés pour la pièce Sophiatown, 1989. (Photo : Thys Dullaart. William Kentridge / Courtesy de l'artiste)

L'exposition William Kentridge au LaM permet de découvrir l'ampleur et la variété de l'oeuvre d'un artiste majeur de la scène artistique contemporaine. 

Le LaM de Villeneuve d'Ascq plonge, jusqu'au 5 juillet 2020, dans l'univers du sud-africain William Kentridge. La première grande rétrospective en France de cet artiste militant et prolifique est intitulée Un poème qui n’est pas le nôtre. 

Une oeuvre politique

William Kentridge s'est déplacé en personne pour réaliser des oeuvres directement sur les murs du musée. Artiste total, il transmet dans ses peintures un message politique ou une référence historique. "J'ai commencé à faire des oeuvres autour de Giotto, inspirées de la Renaissance, mais quand les dessins ont été finis, j'ai plutôt vu la violence contemporaine en Afrique du sud" explique-t-il.

Untitled (dessin pour The Head & the Load, tondo II), 2018.
Untitled (dessin pour The Head & the Load, tondo II), 2018. (Photo : Thys Dullaart. © William Kentridge / Courtesy de l’artiste)

Le noir et le blanc 

Enracinées dans son pays, ses oeuvres en noir et blanc font écho à des sujets politiques et sociaux complexes, comme la décolonisation des pays africains, l'Apartheid ou le rôle joué par l'Afrique dans la Première Guerre mondiale. "Dans ses dessins et gravures il y a assez peu de couleur car ça lui permet d'accroître ce sentiment de réalisme et cette vision en noir et blanc du monde ; cette disparité, ce racisme et évidemment sa prise de conscience aigüe de sa condition de blanc privilégié en Afrique du sud", explique Sébastien Delot, directeur-conservateur du Musée d'art moderne de Lille (LaM).

Portrait de William Kentridge. Photo :
Portrait de William Kentridge. Photo : (STELLA OLIVIER)

Une oeuvre protéiforme 

William Kentridge se situe à la croisée de plusieurs disciplines : cinéma, dessin, sculpture, performance théâtrale et musicale. 

La déambulation dévoile ses fameux dessins au fusain, son médium de prédilection, mais aussi ses grands formats, fortement influencés par le langage pictural figuratif de l’expressionnisme allemand. Passionné par le cinéma d'animation, Kentridge explore aussi les films de Georges Mélies. Le LaM présente à ce titre une installation composée de neuf projections associant le travail de l'artiste en atelier avec un hommage au cinéaste Georges Méliès et son célèbre Voyage dans la Lune (1903).

The Refusal of Time, 2010, extrait vidéo.
The Refusal of Time, 2010, extrait vidéo. (Photo : Henrik Stromberg. © William Kentridge / Courtesy de l’artiste & Marian Goodman Gallery, New York / Paris / Londres)

L'humain au centre de son oeuvre 

Cette exposition balaie l’ensemble de la carrière de l’artiste, des premiers dessins aux dernières réalisations, d'où émerge l'importance de l'humain, avec notamment les thématiques de la migration et des déplacements. 

Vue de l\'exposition \"William Kentridge : Un poème qui n\'est pas le notre\"
Vue de l'exposition "William Kentridge : Un poème qui n'est pas le notre" (William Kentridge)

"William Kentridge : un poème qui n'est pas le nôtre"
LaM de Villeneuve d'Ascq 
Jusqu'au 5 juillet 2020

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