VIDEO. Quand Catherine Deneuve faisait le mauvais choix de la pub pour une banque

Quand la "demoiselle insoumise" du cinéma faisait de la pub pour la banque Suez : retour dans cet extrait de "Complément d'enquête" sur un épisode qui a fait dire à beaucoup que "Catherine Deneuve aurait mieux fait de réfléchir"...

En 1987, en pleine cohabitation Mitterrand-Chirac, l'heure est à la privatisation de grandes entreprises publiques (TF1, Saint-Gobain, Paribas...). Le groupe financier Suez fait partie de la vague suivante. Pour encourager les petits épargnants à acheter des actions, le ministère des Finances souhaite une campagne de pub télévisée. L'agence BDDP fait partie des finalistes de la "short list" en compétition pour décrocher le budget. Mais comment faire la différence ? Jean-Claude Boulet, son fondateur, cherche un concept "plus sexy"

"La vérité, raconte-t-il dans cet extrait de "Complément d'enquête", c'est que je faisais mon jogging au bois de Boulogne. Comme je connaissais Catherine Deneuve, je me suis dit 'pourquoi ne pas la prendre comme porte-parole de Suez ?'. Et là, quand on regardé les yeux des membres du comité de direction, c'était clair qu'on avait gagné. Ils étaient absolument ébahis que Catherine Deneuve accepte d'être le porte-parole de leur campagne de privatisation !"

"Le bon choix... les stratèges de l'argent... réfléchissez"

La participation de la star fait parler autant que la privatisation elle-même. Le spot (signé David Bailey, le photographe anglais qui fut brièvement marié à la star) cadre en plan de plus en plus rapproché une Deneuve très chic, brushing et élégant tailleur noir. Sur le ton de la confidence, elle qui a "été célèbre très jeune" et "aime bien dépenser de l'argent" recommande "les gens de Suez" : "le bon choix", "les stratèges de l'argent". "Réfléchissez", conseille-t-elle gravement.

"Cette pub-là, c'est vraiment un super coup, décrypte la spécialiste de la pub Anne Magnien. Ils arrivent dans le secteur de la pub bancaire avec des codes de parfum !" Catherine Deneuve, c'est le visage de Chanel N°5, mais aussi celui de Marianne, symbole de la République... La star a tout de même posé une limite aux publicitaires, selon Jean-Claude Boulet : "Je ne suis pas leur VRP : je veux bien dire 'réfléchissez', mais je ne vais jamais dire 'achetez'."

Le groupe Suez est satisfait, Catherine Deneuve empoche l'équivalent de 400 000 euros (un record à l'époque)... Et puis, le lundi suivant, le 19 octobre 1987, c'est le krach à la bourse de New York, le fameux Black Monday. L'action Suez s'effondre de 17% en quelques jours... pour le malheur du petit épargnant qui aura écouté les conseils de Catherine Deneuve.

Extrait de "Catherine Deneuve : la demoiselle insoumise", un hors-série de "Complément d'enquête" diffusé le 30 août 2018.

Vous êtes à nouveau en ligne