"Star Wars" : les créateurs historiques de la saga témoignent de la pauvreté des effets spéciaux du premier film

Le premier \"Star Wars\" sorti en 1977 :  \"Episode IV - A New Hope\".
Le premier "Star Wars" sorti en 1977 :  "Episode IV - A New Hope". (LUCASFILM / ARCHIVES DU 7EME ART)

Les créateurs historiques de la saga Star Wars ont été invités par l'Académie des Oscars à Beverly Hills le 27 juin pour faire part de leur témoignage sur les conditions de tournage et de création des effets spéciaux du premier film.

Vous souvenez-vous de la scène de Star Wars où Luke Skywalker ressort de l'Etoile de la mort après avoir échoué à la détruire ? Ou encore celle où C-3PO le poursuit dans un escalier sur la planète Tatooine ? Non, et pour cause : prévues dans le scénario initial, ces scènes n'ont finalement jamais été tournées en raison des importantes limites techniques et financières qui prévalaient lors du tournage, en 1976. C'est ce qu'ont expliqué ont expliqué les créateurs historiques de la saga, invités par l'Académie des Oscars à Beverly Hills le 27 juin.

De véritables limitations

Lors de cet événement consacré à l'évolution des effets spéciaux dans les classiques de la science-fiction, les maîtres des trucages qui ont fait le succès du film de George Lucas ont comparé leurs bricolages de l'époque, à base de maquettes en bois, aux infinies possibilités désormais offertes par les images de synthèse.

Lors du tournage de \"Star Wars : Episode IV - A New Hope\", sorti en 1974. 
Lors du tournage de "Star Wars : Episode IV - A New Hope", sorti en 1974.  (LUCASFILM / ARCHIVES DU 7EME ART)

"Les technologies et techniques des années 1970 imposaient des contraintes considérables sur la façon dont on devait réaliser les prises de vue", se souvient John Knoll, responsable de la création chez Industrial Light and Magic (ILM), la légendaire filiale spécialisée dans les effets spéciaux des studios Lucasfilm. "Quand je dis ça, ce n'était pas la question de savoir si ça rendait bien visuellement, juste si on pouvait vraiment le faire ou pas !", insiste-t-il.

C-3PO 

Il a donné pour exemple le célèbre costume de droïde doré porté par Anthony Daniels pour donner vie à C-3PO, qui lui cachait presque totalement la vue et limitait sérieusement sa capacité de mouvement dans les premiers films de la saga. A deux reprises, les monteurs ont dû supprimer ou raccourcir des plans sur lesquels on voyait Anthony Daniels tenter en vain de monter les marches d'un escalier, engoncé dans son costume trop rigide.

Le robot C-3PO, à gauche, accompagné de R2-D2, lors du premier \"Star Wars\" sorti en 1977.
Le robot C-3PO, à gauche, accompagné de R2-D2, lors du premier "Star Wars" sorti en 1977. (LUCAS FILM / WALT DISNEY)

A l'inverse, dans l'épisode Rogue One sorti en 2016, le robot humanoïde est entièrement généré par ordinateur, ce qui offre beaucoup plus de souplesse au réalisateur. Le budget s'est lui aussi bien amélioré, même en tenant compte de l'inflation. Pour son tournage dans un hangar dépourvu de climatisation, le premier Star Wars disposait de 11 millions de dollars, alors que Rogue One pouvait compter sur 200 millions.

Lors du tournage de \"Star Wars : Episode IV - A New Hope\" sorti en 1977.
Lors du tournage de "Star Wars : Episode IV - A New Hope" sorti en 1977. (LUCASFILM / ARCHIVES DU 7EME ART)

Marcia Lucas, ex-femme de George Lucas qui a gagné un Oscar pour le montage de Star Wars, a expliqué pour sa part comment elle avait vite compris que le montage envisagé pour l'attaque de l'Etoile de la mort par Luke Skywalker était beaucoup trop long. Dans le scénario de départ, Luke était censé refaire un second passage après avoir raté son premier tir de torpille, contrairement à la version finalement retenue par l'équipe du film, où il se contente d'un nouveau tir - gagnant celui-là. "ILM était très content de ne pas avoir à faire l'autre moitié des effets spéciaux qu'aurait nécessité un second passage", a lancé Marcia Lucas.

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