"Star Wars", "Akira", "Halo"... Comment Spielberg a-t-il pu réunir autant de références dans "Ready Player One" ?

Steven Spielberg à l\'avant-première de son film \"Ready Player One\", le 26 mars 2018, à Los Angeles (Etats-Unis).
Steven Spielberg à l'avant-première de son film "Ready Player One", le 26 mars 2018, à Los Angeles (Etats-Unis). (JORDAN STRAUSS / AP / SIPA)

Le réalisateur américain adapte au cinéma le best-seller d'Ernest Cline, bourré de clins d'œil à la pop culture. Un casse-tête en termes de droits ? Pas tant que ça quand on s'appelle Steven Spielberg.

Il aura fallu plusieurs mois de négociations, le bide de The Amazing Spider-Man 2 et des fuites d'e-mails pour que Sony Pictures accepte, en février 2014, de céder une partie des droits d'adaptation de l'homme-araignée à Marvel Studios, lui permettant ainsi de rejoindre l'univers de Tony Stark, Captain America et des autres Avengers. Preuve de la complexité de faire apparaître la propriété intellectuelle d'un studio chez un concurrent direct.

Steven Spielberg, lui, semble n'avoir connu aucune difficulté à réunir dans le même film, Ready Player One, qui sort en salle mercredi 28 mars, la DeLorean de Retour vers le futur, la Mach Five de Speed Racer, la moto d'Akira, le T-Rex de Jurassic Park, Batman, King Kong, R2D2, la poupée Chucky, Freddy Krueger, le Géant de fer, etc. Autant de franchises qui n'appartiennent pas toutes à Warner Bros., producteur de cette adaptation de Player One, le roman d'Ernest Cline bourré de clins d'œil à la culture geek.

Comment le réalisateur d'E.T., d'Indiana Jones et des Dents de la mer a-t-il réglé ces problèmes de droits pour recréer sur grand écran l'univers de l'OASIS, un jeu vidéo en réalité virtuelle dans lequel les soldats de Halo peuvent ferrailler avec Duke Nukem et Lara Croft ? D'abord, le plus simple : un certain nombre des marques apparaissant dans Ready Player One figurent au catalogue de Warner Bros. C'est le cas par exemple de Batman, du Géant de fer, de l'héroïne de Tomb Raider, du bolide de Speed Racer ou des décors d'un film culte dont le nom vous divulgâcherait l'une des scènes les plus cool du film.

"Tout le monde nous a aidés"

Pour le reste, "c'était difficile parce que nous étions si avides de vouloir tant de références culturelles dans les années 1980 et 1990, mais tout le monde a coopéré, confie Steven Spielberg dans une interview au site spécialisé Fandango.com, sans dire clairement s'il avait dû mettre la main à la poche. Nous avons eu 20th Century Fox, Universal, Paramount, Sony et Disney... Tout le monde nous a aidés et permis d'utiliser leurs propriétés intellectuelles pour avoir toutes ces références dans le film."

Comment refuser, en effet, de collaborer avec celui qui a rapporté des millions de dollars à tous les grands studios hollywoodiens ? Steven Spielberg a, en effet, réalisé Indiana Jones pour Paramount, E.T., Jurassic Park et Les Dents de la mer chez Universal, Lincoln pour Disney, Rencontres du troisième type avec Sony, Minority Report pour Fox, etc. atteste le site Box Office Mojo (en anglais). Certains de ses films figurent parmi les plus gros succès des studios, donc…

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"Parce que c'était Steven, beaucoup de monde a dit oui", confirme le romancier Ernest Cline, interrogé par le site Indiewire (en anglais). Mais la renommée de Steven Spielberg n'a pas réglé tous les problèmes de droits. D'après le site io9 (en anglais), la productrice Kristie Macosko Krieger a négocié pendant plusieurs années avec son équipe pour pouvoir faire référence à certaines œuvres. "Kristie a passé trois ans avec le service juridique de Warner Bros. pour acquérir tous ces droits, détaille Spielberg. Et nous n'avons pas pu tous les avoir."

En pleine tournée promotionnelle, la presse américaine a ainsi rapporté qu'il n'y aurait pas, dans le film, d'éléments de la saga Star Wars, citant le cinéaste en personne. D'après lui, Disney n'aurait pas accepté de faire une croix sur les droits de la franchise, acquise au prix fort en 2012 après le rachat de Lucasfilm. "Si vous regardez attentivement, vous verrez un R2D2 quelque part, et un X-wing", a pourtant corrigé Steven Spielberg dans une autre interview. Mais le célèbre vaisseau de Luke Skywalker n'a pas un rôle aussi important que dans le livre d'Ernest Cline – où il est piloté par le héros, Wade Watts.

La tentation de se faire un peu de publicité gratuite auprès des fans n'a pas fonctionné à chaque fois. Aussi, dans la bataille finale – aperçue d'ailleurs dans les bandes-annonces –, le rôle joué par le superhéros japonais Ultraman dans le roman Player One a été remplacé par le Géant de fer (propriété de Warner Bros.). "Ultraman fait l'objet d’une bataille juridique, croyez-le ou non", assure le coscénariste Zak Penn à io9. "Et même Steven Spielberg n'a pas pu convaincre les deux parties de se mettre d'accord." Comme quoi – pour des questions de propriété intellectuelle – l'OASIS n'est pas tout à fait un endroit "où tout est possible".

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