"Ad Astra" : James Gray filme Brad Pitt dans un space opéra épique et psychologique

Brad Pitt dans \"Ad Astra\" de James Gray.
Brad Pitt dans "Ad Astra" de James Gray. (Copyright Twentieth Century Fox France)

James Gray et Brad Pitt se lancent dans la science-fiction avec "Ad Astra", un film de l'espace à la fois héroïque et intime.

Fidèle aux relations père-fils qui nourrissent ses films (Little Odessa, La Nuit nous appartient), James Gray les transpose jusqu’aux confins du système solaire, avec Brad Pitt, Tommy Lee Jones et Donald Sutherland. Vertigineux, tant dans ses images que son casting, Ad Astra sort en salles mercredi 18 septembre.

Film de genre

Fils d’un héros de l’espace (Tommy Lee Jones) disparu en mission au large de Neptune, Roy McBride (Brad Pitt), lui-même astronaute, est réquisitionné pour participer à la mission de sauvetage de son père. Une preuve attesterait de sa survie, après le naufrage de sa mission destinée à détecter une présence extraterrestre aux limites du système solaire. Choisi plus pour ses capacités professionnelles que pour sa filiation avec le capitaine en perdition, Roy va à la rencontre de son modèle idéalisé, mais qui sacrifia aussi sa famille à sa carrière.


James Gray avait étonné en réalisant The Lost City of Zed (2016) qui renvoyait aux films d’aventures. Il renouvelle la surprise avec Ad Astra, aux accents de film de science-fiction. L’auteur-réalisateur a visité auparavant le polar (Little Odessa, The Yards, La Nuit nous appartient), puis le mélodrame (Two Lovers, The Immigrant). S’il s’inscrit toujours dans un genre, une tradition, c’est pour mieux y glisser ses propres thèmes : la famille et la filiation. Sempiternels sujets mais qu’il ne cesse de renouveler de film en film. L’environnement extraterrestre de Ad Astra leur donne une dimension métaphysique inédite.

Odyssée

Clifford et Roy McBride père et fils sont des héros. Les chiens ne font pas des chats. Le premier est connu du monde entier, le second est l’élite des astronautes. Horace modernes, leur rapport à l’espace, résidence des dieux, les lie à la tragédie et à la mythologie grecques. Le voyage est au cœur du film, comme parcours initiatique et référence homérienne. Une odyssée qui renvoie au 2001 de Kubrick. Convaincu d’une présence extraterrestre à portée de main, le père outrepasse la mission de ses commanditaires. Son fils, comme lui absorbé par sa carrière, a négligé sa famille. Il en prendra conscience lors de ces retrouvailles interstellaires.

France 3

La métaphore est belle et la mise en images somptueuse. Planant, le film se sert du cosmos comme cadre d’une révélation. Non pas celle de présences extraterrestres, mais d’un père finalement étranger (alien en anglais) aux siens. L’action n’est pas absente de ce parcours psychologique, et l’environnement spatial engendre quelques unes des plus belles images de l’espace au cinéma. Avec Ad Astra, James Gray réussit à propulser ses thématiques familiales vers les étoiles.

L\'affiche de \"Ad Astra\" de James Gray.
L'affiche de "Ad Astra" de James Gray. (TWENTIETH CENTURY FOX FRANCE)

La fiche

Genre : Science-fiction
Réalisateur : James Gray
Acteurs :  Brad Pitt, Tommy Lee Jones, Ruth Negga

Pays : Etats-Unis
Durée : 2h04
Sortie : 18 septembre 2019
Distributeur : Twentieth Century Fox France
Synopsis
 : L’astronaute Roy McBride s’aventure jusqu’aux confins du système solaire à la recherche de son père disparu et pour résoudre un mystère qui menace la survie de notre planète. Lors de son voyage, il sera confronté à des révélations mettant en cause la nature même de l’existence humaine, et notre place dans l’univers

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