"Moonlight" sacré meilleur film après un énorme couac, pas de statuette pour Huppert... Ce qu'il faut retenir des Oscars

Confusion sur la scène des Oscars après l\'annonce par erreur de l\'attribution du meilleur film à La La Land, vendredi 26 février, à Los Angeles.
Confusion sur la scène des Oscars après l'annonce par erreur de l'attribution du meilleur film à La La Land, vendredi 26 février, à Los Angeles. (LUCY NICHOLSON / REUTERS)

La grand-messe du cinéma américain s'est déroulée dans la nuit de dimanche à lundi au Dolby Theatre de Los Angeles.

Un gros cafouillage sur le prix du meilleur film, une cérémonie très politique et la France qui repart bredouille. La 89e cérémonie des Oscars, qui s'est déroulée dans la nuit du dimanche 26 au lundi 27 février au Dolby Theatre de Los Angeles, fera date. Si La La Land a été largement été récompensé, c'est Moonlight qui hérite de la plus prestigieuse récompense du cinéma américain. Côté français, Isabelle Huppert et le film d'animation Ma vie de courgette n'ont en revanche pas décroché de statuette. 

Voici ce qu'il faut retenir de la grand-messe du cinéma américain.

Le triomphe en demi-teinte de "La La Land"

Un record de nominations partagé avec Titanic (14 nominations en 1998), mais pas de razzia. La comédie musicale La La Land est repartie avec six Oscars. Son réalisateur, Damien Chazelle, est tout de même entré dans l'histoire en devenant le plus jeune lauréat de l'Oscar du meilleur réalisateur, à 32 ans. Il bat ainsi un record vieux de 85 ans, jusqu'à présent détenu par Norman Taurog, qui n'était âgé que de sept mois de plus lorsqu'il a été sacré pour la comédie Skippy, en 1931.

"C'est un tel honneur et j'aimerais remercier les autres finalistes. J'étais très honoré d'être en votre compagnie cette année, a déclaré le jeune prodige en recevant sa statuette sur la scène du Dolby Theater. Merci pour ces incroyables réalisateurs que vous êtes, vous êtes une inspiration pour moi tous les jours." Le jeune homme d'ascendance française repartira tout de même avec quelques regrets : La La Land a été la victime malheureuse d'un fiasco historique autour de l'Oscar du meilleur film.

La bourde incroyable de l'Oscar du meilleur film

FRANCEINFO

Ils n'ont eu l'Oscar en main que quelques minutes. L'équipe de La La Land était sur scène et venait de prononcer trois discours lorsque les organisateurs de la cérémonie se sont rendu compte de leur erreur. Ils ont donné la mauvaise enveloppe, celle de l'Oscar de la meilleure actrice (déjà remis à Emma Stone pour son rôle dans La La Land), à Faye Dunaway et Warren Beatty, chargés de remettre le prestigieux prix du meilleur film. "Il y a une erreur, 'Moonlight', c'est vous qui avez gagné le prix du meilleur film", a expliqué le producteur de La La Land, sur la scène, brandissant le carton et son enveloppe rouge. Avec classe, le producteur a expliqué qu'il était honoré de donner la statuette à ses "amis de 'Moonlight'".

Le cabinet d'audit chargé de la remise des trophées a présenté ses excuses pour cette "erreur", affirmant que les acteurs Warren Beatty et Faye Dunaway s'étaient vus remettre la mauvaise enveloppe.

Isabelle Huppert et les Français repartent bredouilles

C'était la meilleure chance française. Déjà recompensée aux Golden Globes et aux Césars, Isabelle Huppert était en lice pour l'Oscar de la meilleure actrice pour Elle, de Paul Verhoeven. Mais elle a été battue par la jeune Emma Stone, 28 ans, couronnée pour son rôle dans La La Land"A toutes les femmes dans cette catégorie, Natalie, Isabelle, Meryl, Ruth, vous êtes toutes si extraordinaires et je vous admire plus que je ne pourrais l'expliquer. Cela a été un immense honneur d'être en votre compagnie", a-t-elle déclaré en recevant sa statuette. Madeline Fontaine, nommée pour les costumes de Jackie, et l'équipe de Ma vie de courgette, qui concourrait pour le film d'animation, repartent également bredouilles.

De nombreuses critiques contre Donald Trump

L'animateur Jimmy Kimmel avait donné le "la" de cette soirée très politisée dès son monologue d'introduction : "Cette émission est regardée dans plus de 225 pays qui maintenant nous détestent", a-t-il déclaré, dans une allusion à la politique anti-immigration du président Donald Trump. L'Académie des Oscars a poursuivi sur cette lancée en sacrant meilleur film en langue étrangère Le Client, du réalisateur iranien Asghar Farhadi. Récompensé pour la deuxième fois, ce dernier boycottait la cérémonie, pour protester contre le décret migratoire du président Trump visant sept pays en majorité musulmans, dont le sien.

Le premier acteur musulman récompensé

Critiquée par certains commentateurs, l'année passée, pour n'avoir sélectionné que des acteurs blancs –"Oscars so white"–, l'Académie des Oscars a récompensé cette année Viola Davis (meilleur second role féminin) et surtout Moonlight (meilleur film), dont les acteurs et le réalisateur sont noirs. Mahershala Ali, meilleur second rôle masculin pour son interprétation dans ce film, devient même le premier interprète musulman à brandir une statuette. "Peu importe votre religion ou comment vous voyez la vie, comment vous priez Dieu. En tant qu'artiste votre travail reste le même, essayer de dire la vérité", a déclaré l'acteur de 43 ans. Dans Moonlight, de Barry Jenkins, il incarne Juan, dealer cubain qui se prend d'affection pour un petit garçon maltraité par sa mère droguée et découvre qu'elle est l'une de ses clientes.

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