Mort de Danièle Heymann, figure de la critique du cinéma française

La journaliste critique de cinéma Danièle Heymann, au théâtre du Rond Point, lors de la remise des prix par le Syndicat Francais de la Critique de Cinema des recompenses pour les meilleurs films de cinema et de television de l\'anneele, le 6 février 2012
La journaliste critique de cinéma Danièle Heymann, au théâtre du Rond Point, lors de la remise des prix par le Syndicat Francais de la Critique de Cinema des recompenses pour les meilleurs films de cinema et de television de l'anneele, le 6 février 2012 (LAMACHERE AURELIE/SIPA)

Danièle Heymann a été membre du jury de plusieurs festivals dont celui de Cannes en 1987.

La journaliste et critique du cinéma Danièle Heymann qui avait été membre du jury du festival de Cannes est décédée à l'âge de 86 ans, a annoncé jeudi à l'AFP France Inter où elle était chroniqueuse.

"Avec Danièle Heymann, le cinéma français perd un de ses plus ardents défenseurs et la presse une épatante rédactrice en chef. Le festival de Cannes perd une complice et moi une amie de 40 ans", a réagi Gilles Jacob, président du Festival de Cannes de 2001 à 2014, dans une déclaration à l'AFP.

"Danièle était joyeuse, toujours partante, et elle écrivait divinement. Une pensée attristée pour ses filles", a-t-il poursuivi.

Une voix du Masque et la Plume

Danièle Heymann a été membre du jury de plusieurs festivals et représentante du festival de Cannes en Italie pendant 20 ans, selon Gilles Jacob. Elle a été membre du jury du Festival de Cannes en 1987, année de la très controversée Palme d'or décernée à Maurice Pialat pour Sous le soleil de satan. Elle fut critique à l'Express et au Monde et la secrétaire générale de la Cinémathèque française.

Sur France Inter elle intervenait dans le Masque et la Plume, la doyenne des émissions culturelles de la radio française, créée en 1955.

"Je peux vous faire une petite confidence", écrit Jérôme Garcin, l'animateur du Masque et la Plume, sur le site de France Inter : "même sur son lit d'hôpital, elle me demandait quelle était la liste des films dont on allait parler au Masque à la fin du mois d'août. Le cinéma, le goût d'en parler, le goût d'aller voir les films, étaient - mais vraiment au sens propre - essentiels, une raison de vivre."

"C'était la Madame cinéma de la France, elle avait un jugement extrêmement sûr. A Cannes on avait fêté ses 85 ans", a déclaré à l'AFP la journaliste et écrivaine Christiane Collange. "Elle est entrée à l'Express quand j'étais rédactrice en chef. C'était une amie absolue", a-t-elle ajouté.

"Sa curiosité et son humour"

En 2014, Danièle Heymann a reçu le prix Bernard Chardère remis par l'Institut Lumière, prix remis à une personnalité "pour sa contribution au métier de journaliste et critique de cinéma, et pour sa cinéphilie, son style, sa curiosité et son humour".

Fille du cinéaste Claude Heymann, Danièle Heymann était l'épouse de Jean Bertola, auteur compositeur et pianiste, accompagnateur de Charles Aznavour à ses débuts.

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