"Mignonnes" : face aux attaques de la droite américaine, Roselyne Bachelot prend la défense du film et de sa réalisatrice Maïmouna Doucouré

Fathia Youssouf (à droite) et Medina El Aidi (à gauche) jouent deux adolescentes de onze ans dans le film Mignonnes. 
Fathia Youssouf (à droite) et Medina El Aidi (à gauche) jouent deux adolescentes de onze ans dans le film Mignonnes.  (BIEN OU BIEN PRODUCTIONS 2018)

La ministre de la Culture a pris vendredi la défense de la réalisatrice française Maïmouna Doucouré, devenue la cible d'une campagne virulente de la droite américaine à cause de son film "Mignonnes". France Télévisions fait également part de son soutien à une œuvre "nécessaire et d'utilité publique".

"Les critiques virulentes dont le film Mignonnes est la cible prêtent à la réalisatrice une intention qui est en contradiction totale avec le propos de son œuvre. Elles se fondent sur une série d'images réductrices et décontextualisées du film", a déploré Roselyne Bachelot vendredi dans un communiqué commun avec sa consœur déléguée à l'Égalité entre les femmes et les hommes, Elisabeth Moreno.

"Ce film doit pouvoir continuer à être présenté à tous les publics et à nourrir un débat apaisé fondé sur des lectures éclairées de l'œuvre", ont-elles ajouté.

Une campagne violente outre Atlantique

Sorti en France cet été, Mignonnes est la cible de la droite américaine depuis sa mise en ligne le 9 septembre aux États-Unis par Netflix. Une campagne accuse le film d'hypersexualiser des enfants, jusqu'à taxer les milieux culturels, voire ses adversaires démocrates, de laxisme sur la question de la pédophilie. Il y a quelques jours, Netflix a même fait l'objet d'un appel au boycott via Twitter.

Le film évoque l'histoire d'Amy, Parisienne de 11 ans qui intègre un groupe de danse formé par trois autres filles de son quartier, qui imitent les chorégraphies suggestives des stars de la pop actuelle qui les font rêver. La réalisatrice a totalement rejeté les critiques dont le film fait l'objet, adjurant ceux qui la ciblaient à le regarder pour comprendre qu'il menait "le même combat" contre l'hypersexualisation des jeunes filles et l'influence malsaine des réseaux sociaux.

"Susciter le débat", a-t-elle expliqué, "est nécessaire pour essayer de trouver des solutions, moi en tant qu'artiste en faisant ce film, les politiciens, le système éducatif, les parents, tout le monde, parce que c'est un vrai problème".

Une œuvre "nécessaire et d'utilité publique", pour France Télévisions

Dans un communiqué publié vendredi soir, France Télévisions, dont la filiale France 3 cinéma a participé au préfinancement du film, s'est indigné des attaques contre le film. Cette œuvre est "nécessaire et d'utilité publique car elle dénonce les dangers des réseaux sociaux contribuant à l'hypersexualisation des toutes jeunes filles", dit le groupe.

"Mignonnes permet justement de faire entrer ces débats au sein même des familles et d'amorcer le dialogue entre les générations", a ajouté France Télévisions, assurant se tenir toujours "du côté des créateurs" face "aux menaces sur la liberté d'expression et de création".

Le milieu du cinéma français a également affiché son soutien et défendu "la liberté de création" durant la semaine.

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