Le cinéaste Alexandre Astruc, père spirituel de la Nouvelle Vague, est mort

Alexandre Astruc, le 21 mai 2011, à Cannes (Alpes-Maritimes).
Alexandre Astruc, le 21 mai 2011, à Cannes (Alpes-Maritimes). (MARTIN BUREAU / AFP)

Hésitant à se définir comme "un metteur en scène qui aurait écrit des livres ou un écrivain qui aurait réalisé des films", il alternait romans, essais et films.

Il était notamment le théoricien de la "caméra-stylo" qui plaçait le cinéma à la hauteur de la littérature. Le cinéaste et écrivain Alexandre Astruc est mort à Paris dans la nuit de mercredi 18 à jeudi 19 mai. Il avait 92 ans.

Né le 13 juillet 1923 à Paris, ce passionné de mathématiques est devenu, dès la Libération, une figure du Saint-Germain-des-Prés d'après-guerre. A l'époque, il rencontre Jean-Paul Sartre, Albert Camus, Boris Vian, Juliette Gréco et fréquente les cinémas de la rive gauche où il s'enthousiasme pour des cinéastes culte comme Robert Bresson, Roberto Rossellini, Alfred Hitchcock et Orson Welles.

Il débute alors dans le septième art comme assistant de Marc Allégret avant de réaliser son premier film en 1952 : Le Rideau cramoisi. En 1955, il réalise Les Mauvaises rencontres, salué par François Truffaut, puis signe deux adaptations soignées, Une vie de Maupassant (1958) et L'Education sentimentale de Flaubert (1961).

Le cinéma "comme un art, comme un langage"

Hésitant à se définir comme "un metteur en scène qui aurait écrit des livres ou un écrivain qui aurait réalisé des films", Alexandre Astruc alterne romans, essais et films ou documentaires. En 1948, il publie notamment dans L'Ecran français un manifeste devenu célèbre : dans Naissance d'une nouvelle avant-garde : la caméra-stylo, il estime que la création cinématographique peut être considérée "comme un art, un langage" et annonce ainsi la Nouvelle Vague.

Loin de le revendiquer, il assurait en 2002 au quotidien Libération "Ce qui m'horripile est la filiation qu'on m'attribue avec la Nouvelle Vague. Pour moi, il y a Godard, qui a du génie, et Rohmer, grand cinéaste. Le reste, je peux m'en passer."

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