"La forêt de mon père" : l'amour filial face à la folie dans un premier long-métrage

Gina (Léonie Souchaud) et sa mère Carole (Ludivine Sagnier) tentent de maintenir un équilibre familial dans \"La foêt de mon père\" de Vero cratzborn.
Gina (Léonie Souchaud) et sa mère Carole (Ludivine Sagnier) tentent de maintenir un équilibre familial dans "La foêt de mon père" de Vero cratzborn. (KMBO)

Premier film de la réalisatrice belge Vero Cratzborn, "La forêt de mon père" dépeint l'amour inconditionnel d'une fille pour son père atteint de troubles psychiques.

La forêt de mon père : premier long-métrage de Vero Cratzborn, cinéaste belge inconnue des radars cinéphiles, qui aborde la question de la maladie psychique au sein d'une famille. Un drame sincère mais qui ne parvient pas toujours à émouvoir, empêché par un scénario et une mise en scène qui ne convainquent pas.

Une base autobiographique

La réalisatrice l'explique dans le dossier de presse : ce long-métrage parle d'elle, de son histoire, et de la difficulté de faire face à la maladie d'un parent psychiquement malade. Un projet louable, qui aurait pu apporter sa pierre au cinéma sur l'enfance difficile, celui de Truffaut, Doillon, Achard, et surtout Pialat.

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Mais film "de forêt" également, comme le cinéma en fait beaucoup depuis quelques années, la nature est là sans toutefois en être le sujet central. Et c'est peut être là la seule surprise du film. Dès le début, la contemplation forestière laisse vite place à Ludivine Sagnier, réconfortante.Talons hauts sur bord piscine, comme un flash nous revient de sa performance dans Swimming Pool, l'excellent thriller cérébral du manipulateur Ozon. Pointe dès lors un début d'étrangeté, soutenu par le comportement limite d'un père de famille qui a sa forêt pour refuge, et qui fait croire au déploiement d'un malaise qui tiendra le film. Mais celui-ci se dissipe trop vite. 

Vero Cratzborn s\'est inspiré de son propre père pour relater les problèmes psychiques de Jimmy (Alban Lenoir) dans le film. 
Vero Cratzborn s'est inspiré de son propre père pour relater les problèmes psychiques de Jimmy (Alban Lenoir) dans le film.  (KMBO)

Filmer l'amour filial

En 2005 déjà, la réalisatrice filmait l'isolement d'un parent à distance de ses enfants dans son court-métrage Week-end. Une dizaine de minutes rassemblaient dans un parloir Manuel Blanc, Jocelyne Desverchère et leurs deux enfants. Une thématique qui hante donc Vero Cratzborn, et qui lui permet d'aborder l'amour inconditionnel, celui qui résiste face au diktat de la normalité à tous crins.

La forêt de mon père est donc un film d'amour, un film d'aventures, celles d'une fille prête à tout pour récupérer son père à l'âge des premières passions. Un film initiatique en somme. Une proposition qui vient du cœur donc, manifestement, et dans le cosmos du cinéma français, c'est déjà énorme. Mais l'arbre de la sincérité ne parvient pas à cacher la vaste forêt qui se tient, derrière, dénuée de cinéma.

\"La forêt de mon père\" de Vero Cratzborn, en salle le 8 juillet.
"La forêt de mon père" de Vero Cratzborn, en salle le 8 juillet. (KMBO)

La fiche

Genre : Drame
Réalisateur : Vero Cratzborn
Acteurs : Ludivine Sagnier, Alban Lenoir, Léonie Souchaud
Pays : Belgique, France, Suisse
Durée : 1h31
Sortie : 8 juillet 2020
Distributeur : KMBO

Synopsis : Gina, 15 ans, grandit dans une famille aimante en lisière de forêt. Elle admire son père Jimmy, imprévisible et fantasque, dont elle est prête à pardonner tous les excès. Jusqu’au jour où la situation devient intenable : Jimmy bascule et le fragile équilibre familial est rompu. Dans l’incompréhension et la révolte, Gina s’allie avec un adolescent de son quartier pour sauver son père.

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