Fréquentation en baisse dans les cinémas d’art et essai : "Beaucoup d'exploitants se posent la question de garder le personnel"

Le cinéma Bellecour à Lyon en 2016. 
Le cinéma Bellecour à Lyon en 2016.  (MAXIME JEGAT / MAXPPP)

En plus des pertes liées au Covid-19, le président de l’association française des cinémas art et essai craint que le public occasionnel ne revienne plus dans ces salles. 

"Beaucoup d'exploitants se posent la question de garder le personnel", a expliqué sur franceinfo lundi 3 août François Aymé, président de l’association française des cinémas art et essai. La situation est difficile pour l'ensemble du secteur depuis la crise du coronavirus. Il redoute aussi un changement de comportement après la crise sanitaire : "Quand les cinémas vont retrouver l'offre habituelle, est-ce que les gens, notamment le public occasionnel, vont revenir aussi souvent ?".

franceinfo : Est-ce que les salles d’art et d’essai rencontrent les mêmes difficultés que l’ensemble des cinémas ?

François Aymé : Tous les cinémas de France sont touchés par une baisse de fréquentation de l'ordre de 75%. En France, il y a à peu près quatre millions de personnes qui vont au cinéma chaque semaine et là on est plutôt aux alentours d'un million. Les cinémas arts et essai sont un peu moins touchés. On est plutôt aux alentours 50%, mais c'est une baisse historique. On n'a jamais vu une situation pareille.

Est-ce seulement lié à la situation sanitaire ?

Il y a le contexte sanitaire, évidemment. Il y a aussi l’offre de films qui est moindre, que ce soit pour les productions américaines et pour les films d’art et d’essai. Et puis, la question à laquelle on n'a pas encore la réponse c’est : est-ce que les gens ont changé un peu leurs comportements après le confinement ? On le saura sans doute plutôt à l'automne, mais c'est une question importante.

Vous avez peur que Netflix remplace les salles de cinéma ?

Je crois que par rapport au domicile, le travail ou les loisirs, le confinement a agi un peu comme un accélérateur de certains comportements. Quand les cinémas vont retrouver l'offre habituelle, est-ce que les gens, notamment le public occasionnel, vont revenir aussi souvent ? C'est une question qu'on se pose. On n'a pas encore la réponse.

Vous avez rencontré la ministre de la Culture la semaine dernière. Que lui avez-vous demandée ?

On a demandé une aide d'urgence de 150 millions d'euros. Ça fait déjà quatre mois qu’il y a une perte considérable. On est sur un demi-milliard en moins de recettes sur les quatre mois écoulés. Si on veut garder ce réseau qui est le seul réseau culturel qui est ouvert tous les jours, accessibles à tous sur tout le territoire, il faut absolument qu'il y ait une aide très significative qui soit annoncée rapidement. On a aussi demandé le maintien du chômage partiel jusqu'à la fin de l'année 2020 car beaucoup d'exploitants aujourd'hui se posent la question de garder le personnel avec moins 75 % de recettes en moyenne.

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