Cannes 2019 : venus de Los Angeles, Rome ou Paris, ces journalistes qui couvrent le Festival en équipe

Fabian W. Waintal, Leila Amar et Alessandra De Tommasi sur la Croisette, le 21 mai 2019.
Fabian W. Waintal, Leila Amar et Alessandra De Tommasi sur la Croisette, le 21 mai 2019. (Lorenzo Ciavarini Azzi/franceinfo Culture)

Leila, Fabian, Alessandra. Mais aussi Hugo, Arthur, Mona et Rasha. Ils viennent d’Europe, des Etats-Unis ou d’Egypte. Ils ont entre 25 et 55 ans, sont tous journalistes et écrivent sur le cinéma. Ils couvrent le Festival de Cannes en équipe…

Il y a Leila, la Parisienne, Fabian l’Argentin basé à Los Angeles, Alessandra l’Italienne qui travaille à Rome. Ils se sont attablés vers 22 heures, à une terrasse du centre de Cannes. Pour discuter, faire le point, échanger leurs bons plans, se conseiller, se détendre surtout. Et cela plusieurs fois dans la période cannoise.

Le Caire, Berlin, Cannes et Tokyo

Avec eux habituellement il y a aussi Hugo des Pays-Bas, Arthur de Pologne et deux Egyptiennes, Mona et Rasha. Ils ont entre 30 et 55 ans, sont tous journalistes, écrivent sur le cinéma. Et font les festivals de films internationaux ensemble, en équipe.

Ainsi celui du Festival du Caire, en novembre, c’est là qu’ils ont fait tous connaissance et se sont retrouvés spontanément, par affinité élective. "Celui du  Caire est un festival qui offre beaucoup la possibilité d’échanger", dit Alessandra. La Berlinale est début février. Fabian n’y est pas parce qu’il couvre les Oscars. Certains se retrouveront à Macao, en décembre, la plupart préparent déjà Tokyo, pour octobre. Venise et Toronto, en septembre, passent souvent à l’as. On ne peut pas être partout, et "on n’est pas toujours invités partout", ajoutent-ils.

La "jungle" de Cannes

Pour eux, travailler ainsi est une affaire d’émulation, de curiosité partagée, et surtout le besoin d’être ensemble. C’est surtout vrai à Cannes, "véritable jungle", selon tous les témoignages.

"A Cannes le journaliste fait ce qu’il peut en fonction de la couleur de son badge. Avec un bleu, je dois souvent faire de longues queues, et toutes les projections ne me sont pas autorisées. Cannes n’est pas vraiment un festival démocratique", regrette Alessandra De Tommasi. Alors elle compose et traite, en plus du cinéma, de tous ces événements qui gravitent autour du festival, ventes de charité, événements "lifestyle", auxquels participent les acteurs et qui intéressent les magazines féminins comme Vanity Fair ou Vogue pour lesquels elle écrit. Dans son "entertainment blog", Air Quotes, elle a même créé une sorte de journal intime évoquant le quotidien à Cannes.

Les bonnes interviews

"C’est vrai que Cannes est une jungle, mais c’est un plaisir de s’y frayer un chemin", pense Leila Amar, longtemps journaliste à France 24 et aujourd’hui freelance pour le site web du quotidien britannique The Independent, i/o Gazette, et Guiti News. "Etre en équipe avec les collègues internationaux, c’est aussi s’aider, notamment avec la 'to-do-list' du festival qui répertorie les choses à faire". ajoute-t-elle. Et les bonnes pistes à suivre. Avec Hugo le Néerlandais, ils sélectionnent les films à voir et partagent leurs avis s’adressant à des publics proches.

Et tous s’entraident pour trouver les bonnes interviews. Et ils n’en manquent pas. Alessandra n’oubliera pas le long tête-à-tête en télé qu’elle a réalisé avec Antonio Banderas ("le fait que le film d’Almodovar ait une dimension cathartique a ajouté une dimension à cette rencontre", dit-elle ravie), Leila a réussi à interviewer, "en un seul après-midi, Christophe Honoré, Bruno Dumont et Gaspar Noé", et Fabian W. Waintal a fait sa tournée des stars pour le magazine féminin "Vanidades" (une sorte de Vanity Fair argentin, très populaire).

Le plus grand festival au monde

Son journal lui demande des rencontres qui dépassent le cadre du cinéma : "Eva Longoria par exemple m’a parlé de Dora l’exploratrice, mais aussi de Time’s Up, et de sa vie". Fabian a aussi vu la compagne de Leonardo DiCaprio et… Pedro Almodovar, quand-même, pour son film. "En réalité, je ne suis pas un grand fan des films européens dans l’ensemble, mais j’aime leurs acteurs", avoue-t-il. Venir à Cannes pour lui est un passage obligé "parce qu’il reste le plus grand festival au monde". 

Et contrairement à ce qu’on avance souvent, les stars se prêtent à Cannes à l’exercice médiatique avec plaisir, exactement comme à Hollywood et aux Oscars. Leila, cinéphile et curieuse de tout, ne manquerait Cannes pour rien au monde et goûte à son atmosphère très internationale. De la même manière qu'Alessandra, ici, évite soigneusement de trop se mêler aux 360 (!) accrédités italiens qui, dit-elle, travaillent en circuit fermé.

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