Cannes 2019 : "Once Upon a Time... in Hollywood" de Tarantino reçoit un accueil mitigé

Brad Pitt et Leonardo DiCaprio dans Once Upon a Time... in Hollywood de Quentin Tarantino
Brad Pitt et Leonardo DiCaprio dans Once Upon a Time... in Hollywood de Quentin Tarantino (ANDREW COOPER / Copyright Sony Pictures Releasing France)

Film le plus attendu de cette 72e compétition cannoise, "Once Upon a Time... in Hollywood", de Quentin Tarantino, projeté le mardi 21 mai, a divisé la critique.

L’impatience était grande dans les files d’attentes de la projection à Cannes en première mondiale de "Once Upon a Time... in Hollywood" de Quentin Tarantino. Les retardataires se demandaient jusqu’à la dernière minute s’ils allaient accéder au saint des saints, tant était rassemblée la foule des grands jours.

"Once Upon A Time ... In Hollywood" de Quentin Tarantino, la bande-annonce

Neuvième film de l’enfant terrible d’Hollywood consacré à la Mecque du cinéma, avec Leonardo DiCaprio, Brad Pitt, Al Pacino en tête d’affiche : le projet faisait saliver. A la sortie, pour beaucoup, le sentiment était à la déception, pour d’autres moins. Une chose est sûr : l’enthousiasme n’était pas de mise.

Hollywood, Hollywood !

Los Angeles, 1969. Rick Dalton (Leonardo DiCaprio), star d’une série télévisée de Western, retrouve sa doublure, le cascadeur Cliff Booth (Brad Pitt), pour relancer leur carrière au cinéma. L’accueil est mitigé, la télévision prenant de plus en plus de place à Hollywood. Ils prennent toutefois leurs quartiers à Beverly Hills, comme voisins du réalisateur Roman Polanski et de son épouse Sharon Tate. Rick et Cliff se voient contraints de partir pour l’Europe où le western spaghetti est fleurissant, et où ils enchaînent plusieurs films. Revenus à Hollywood, ils vont être mêlés à l’affaire Charles Manson, commanditaire d’assassinats de stars hollywoodiennes.

Un tel canevas, avec entre autres Leonardo DiCaprio, Brad Pitt, Al Pacino, Kurt Russell et Michael Madsen, était prometteur. D’autant que l’on attendait de ce fou de cinéma qu’est Quentin Tarantino une vision pertinente sur Hollywood auquel renvoie son titre, emprunté à la trilogie de Sergio Leone (Il était une fois dans l’Ouest, Il était une fois la révolution et Il était une fois en Amérique). Au final : pas grand-chose.

Fin de partie

Le constat d’une télévision prenant le pas sur le cinéma (air connu depuis les années 1950) ne suffit pas, alors qu’est apparu au milieu des années 1960 le "nouvel Hollywood" dont il n’est pas dit un mot. Tarantino préfère s’attarder sur le western spaghetti, catégorie "décadente" du genre (dont il est très amateur), elle-même moribonde au seuil des années 1970. La référence à l’affaire Manson, qui occupe la seconde partie du film, stigmatise également la fin d’une ère, tant cinématographique (avec l’assassinat à Beverly Hills de l'actrice Sharon Tate, épouse du réalisateur Roman Polanski), que sociologique (avec la fin de l’utopie hippie). L’affaire Manson est de ce point de vue pertinente dans le propos du film. Tarantino a demandé de ne rien dévoiler du traitement si particulier qu’il en donne… alors que c’est la meilleure partie de son film. Il est en effet essentiel d’en garder la surprise.

L\'actrice américaine Margot Robbie dans le rôle de Sharon Tate dans Once Upon a Time… in Hollywood du réalisateur américain Quentin Tarantino.
L'actrice américaine Margot Robbie dans le rôle de Sharon Tate dans Once Upon a Time… in Hollywood du réalisateur américain Quentin Tarantino. (ANDREW COOPER / 2018 Sony Pictures Entertainment Deutschland GmbH)

Aussi, tout ce qui précède cette seconde partie est d’un ennui pesant. L’absence de dramaturgie, des dialogues sans relief (étonnant pour le grand dialoguiste qu’est Tarantino), des scènes interminables et répétitives, aboutissent à un désintérêt dominant, ponctué de quelques pépites. Comme la jubilation de Sharon Tate (Margot Robbie) de se voir appréciée à l’écran par les spectateurs d’une salle de cinéma, la leçon d’acteur d’une comédienne de 8 ans à la star Rick Dalton, où le climax explosif final d’usage chez le réalisateur. En accumulant tant de griefs comparés à quelques perles éparses, Quentin Tarantino semble avoir réalisé volontairement un grand film malade.

France 3

L\'affiche de Once Upon a Time... in Hollywood de Quentin Tarantino
L'affiche de Once Upon a Time... in Hollywood de Quentin Tarantino (Sony Pictures Releasing France)

La Fiche

Genre : Comédie dramatique / Action
Réalisateur : Quentin Tarantino
Acteurs :Leonardo DiCaprio, Brad Pitt, Margot Robbie, Al Pacino, Kurt Russell, Tim Roth, Michael Madsen

Pays : Etats-Unis
Durée : 2h41
Sortie : 14 août 2019
Distributeur : Sony Pictures Releasing France
Synopsis
 : En 1969, la star de télévision Rick Dalton et le cascadeur Cliff Booth, sa doublure de longue date, poursuivent leurs carrières au sein d’une industrie qu’ils ne reconnaissent plus. 

Vous êtes à nouveau en ligne