Christopher Walken rêve de retravailler avec Abel Ferrara

L\'acteur américain Christopher Walken lors d\'une séance photo à Paris le 21 juin 2019
L'acteur américain Christopher Walken lors d'une séance photo à Paris le 21 juin 2019 (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Inoubliable dans "Voyage au bout de l'enfer", l'acteur américain a évoqué sa carrière en marge de sa participation au Champs-Elysées Film Festival, à Paris.

"Je ne crois pas que je revivrai un tournage comme celui de Voyage au bout de l'enfer, et c'était... il y a plus de quarante ans", confie Christopher Walken, 76 ans, à l'occasion d'un bref entretien à l'AFP.

En marge du Champs-Elysées Film Festival à Paris, dont il était l'invité d'honneur, Christopher Walken, né à New York le 31 mars 1943, a remonté le film de sa vie d'acteur. Avec son regard bleu intense, énigmatique, Christopher Walken n'en est pas moins un homme chaleureux.

Il demande des nouvelles d'Abel Ferrara

Avec plus de cent films au compteur, il reste hyper actif, au rythme d'un ou deux longs métrages par an, et profite de sa brève rencontre avec l'AFP pour demander des nouvelles de son ami Abel Ferrara, présent il y a quelques semaines à Cannes mais qu'il "ne voit plus" depuis qu'il "vit à Rome". "J'adorerais tourner à nouveau avec lui."

Il faut dire que le cinéaste écorché a offert à Christopher Walken parmi ses rôles les plus marquants au cours des années 90 (Le roi de New York, The Addiction, Nos funérailles, New Rose Hotel), à une époque où il incarnait une certaine gueule du truand, tendance psychopathe... "J'ai adoré sa façon bien à lui de mettre en scène son énergie débordante."

"Je crois que David Cronenberg me déteste"

Christopher Walken aimerait bien, aussi, recroiser la route de David Cronenberg, 36 ans après le célèbre Dead Zone, sa première incursion dans la science fiction. "Il est si talentueux, ses films sont toujours aussi bons, mais je n'en referai pas avec lui. En fait, je crois qu'il me déteste, mais je ne sais pas pourquoi... J'aimerais bien le lui demander tiens", confie-t-il en riant.

Un rire, finalement assez rarement vu et entendu chez Christopher Walken, qui amène à lui suggérer que son potentiel comique n'a peut-être pas assez été exploité. "Ce n'est probablement pas ce que j'inspire", convient celui qui aurait pu former avec Jodie Foster le couple Han Solo/Leïa Skywalker dans la saga Star Wars...

Mais ce rôle lui a échappé au profit de Harrison Ford. "George Lucas nous a auditionnés... Je ne sais pas si j'aurais été bon à ce job, mais j'aurais bien aimé en tout cas. J'ai aussi fait des essais pour Love Story. Il y a pas mal de rôles qui me sont passés sous le nez, mais j'en ai eu quelques uns de bons aussi."

"Voyage au bout de l'enfer" : un tournage dantesque et un Oscar à la clé

C'est forcément le cas de Voyage au bout de l'enfer (1978) de Michael Cimino, qui lui valut l'Oscar du meilleur second rôle. "Très inexpérimenté, je me retrouvais avec Robert De Niro, Meryl Streep, John Cazale, John Savage... On a tous senti que ce film était particulier, jusqu'aux lieux de tournage, l'aciérie, la forêt en Pennsylvanie, la jungle en Thaïlande... Ce fut une expérience unique."

Les scènes de roulette russe, intensément dramatiques, l'acteur en attribue le crédit surtout au réalisateur Michael Cimino. "Il a eu l'idée de filmer en pleine nuit, à 4h00 du matin, sous une chaleur humide quasi insoutenable. On était un peu à bout. En plus, un rideau de pluie tombait au dehors et des vrais rats couraient entre nos pieds. Ça aidait pas mal..."

Réalisation : Michael Cimino
Deux ans plus tard, Christopher Walken retrouvera Cimino sur Les portes du paradis, film ambitieux, longtemps incompris et énorme échec commercial, dont "tout le monde à souffert, même si le temps l'a réhabilité".

Des "Portes du paradis" au clip d'anthologie de Fatboy Slim

De son apparition mémorable dans Pulp Fiction ou des aventures "Tim Burtoniennes" dans Batman, le défi et Sleepy Hollow, Walken n'aura pas le temps de parler. Tout juste, a-t-il pu évoquer le plutôt méconnu Tout l'or du ciel (1981) de Herbert Ross, dans lequel cet enfant de la balle fit découvrir au cinéma ses talents de danseurs, datant de ses débuts à Broadway.

"C'est grâce à ce film que le réalisateur Spike Jonze m'a approché en 2001 pour le clip de Weapon of Choice de Fatboy Slim. J'ai réglé moi-même la chorégraphie. C'était génial. Tiens, on voit bien que je sais aussi rigoler !" Ce clip, on ne s'en lassera tout simplement jamais.

Réalisation : Spike Jonze




Vous êtes à nouveau en ligne