Cinéma : "L'Académie des César ne peut pas être un club de bridge fermé", selon l'actrice Ariane Ascaride

L\'actrice Ariane Ascaride, à Venise, le 7 septembre 2019.
L'actrice Ariane Ascaride, à Venise, le 7 septembre 2019. (ALBERTO PIZZOLI / AFP)

Il faut, selon elle, que l'Académie des César "repense la parité" et "la diversité".

"L'Académie des César ne peut pas être un club de bridge un peu fermé, où au bout du compte, on est hermétiques à ce qui est en train de se passer à l'intérieur de la société et donc à l'intérieur du cinéma", a jugé vendredi 14 février sur franceinfo Ariane Ascaride. La direction des César a annoncé jeudi sa démission collective, à quinze jours de la prochaine cérémonie annuelle, sur fond de crise, entre dénonciation de l'opacité de la gestion de l'Académie et la polémique Polanski. Ariane Ascaride avait obtenu le César de la meilleure actrice en 1988, pour son rôle dans Marius et Jeannette

franceinfo : Il y a quelques jours, dans une tribune publiée dans Le Monde, vous réclamiez avec plusieurs centaines d'autres personnalités du cinéma un grand coup de balai dans l'organisation des César. Avez-vous avez été entendus ?

Ariane AscaridePour l'instant, de fait, cette démission prouve qu'il y a quand même eu un écho au mouvement qui est en train de se passer et peut-être que c'est une bonne chose. Après, il va falloir regarder les choses de plus près et voir peut-être comment cette Académie des César devrait fonctionner, parce qu'il y a quelque chose qui ne va pas.

Qu'est-ce qui ne va pas aujourd'hui dans l'organisation des César ?

Je crois qu'il est en train de se passer quelque chose à l'intérieur de la société française et pas simplement à l'intérieur du cinéma contemporain. Il est en train de se passer ce mouvement par rapport aux femmes, ce mouvement par rapport à la diversité. Il faut repenser la parité. Il faut repenser la diversité. Et l'Académie des César ne peut pas être un club de bridge un peu fermé, où au bout du compte, on est un hermétiques à ce qui est en train de se passer à l'intérieur de la société et donc à l'intérieur du cinéma.

Est-ce aussi une fronde contre le producteur Alain Terzian, qui faisait la pluie et le beau temps sur le cinéma depuis quasiment 20 ans ?

Je ne pense pas qu'il fasse la pluie et le beau temps sur le cinéma. Le cinéma français a cette grande qualité, c'est sa diversité. C'est un cinéma que tout le monde nous envie dans le monde entier. Il y a une diversité incroyable et je ne sais pas si elle est vraiment représentée à l'intérieur de la cérémonie des César.

Alors, est-ce qu'on veut que la cérémonie des César soit simplement une soirée glamour ? Moi, je veux bien, je sais que ça fait partie de l'industrie cinématographique, mais le cinéma français, c'est un cinéma qui raconte des tas et des tas d'histoires, avec des jeunes réalisateurs, des jeunes réalisatrices... Et je crois que peut-être à l'intérieur de l'Académie des César, on ne s'est pas rendu compte qu'il y avait beaucoup de choses qui avaient changé à l'intérieur du cinéma depuis un certain nombre d'années, et qu'on est restés un tout petit peu fermés, on est restés dans une espèce d'entre-soi.

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