César à Polanski : à la place d'Adèle Haenel, Sibeth Ndiaye aurait elle aussi "quitté la salle"

Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement; le 30 janvier 2020.
Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement; le 30 janvier 2020. (ESTELLE RUIZ / NURPHOTO / AFP)

Le cinéaste Roman Polanski, visé par des accusations de viol, a reçu vendredi soir le prix de la meilleure réalisation lors de la 45e cérémonie des César pour son film "J'accuse", suscitant l'indignation de l'actrice Adèle Haenel.

La porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a expliqué, lundi 2 mars, comprendre la réaction d'Adèle Haenel lors de l'attribution d'un César à Roman Polanski. Le cinéaste, visé par des accusations de viol, a reçu vendredi soir le prix de la meilleure réalisation lors de la 45e cérémonie des César pour son film J'accuse, suscitant notamment l'indignation de l'actrice, qui a quitté la salle.

"Bien sûr, compte tenu de l'histoire qui a été la sienne [celle d'Adèle Haenel], j'aurais quitté la salle", a déclaré Sibeth Ndiaye sur franceinfo, en disant ne pouvoir "qu'imaginer la douleur que représente pour une femme comme Adèle Haenel" la remise de ce César, "comme si de rien n'était, en quelque sorte". L'actrice a accusé cet automne le réalisateur Christophe Ruggia d'"attouchements répétés" quand elle était adolescente.

"Roman Polanski a fait du mal aux gens"

Sibeth Ndiaye a jugé qu'"il est toujours difficile de séparer l'œuvre de l'artiste quand on est dans un contexte de société où il y a tout ce qu'on a connu avec la vague #MeToo", et expliqué qu'elle n'était "pas allée voir le film" car elle "considère que Roman Polanski est une personnalité qui aujourd'hui n'a pas assumé ses responsabilités dans des crimes, y compris des crimes avérés, confirmés, puisqu'il y a encore une affaire pendante aux Etats-Unis".

"Quand on a fauté, on assume ses responsabilités, d'autant plus dans des crimes de cette nature-là, où on a fait du mal aux gens, et Roman Polanski a fait du mal aux gens", a insisté la porte-parole du gouvernement.

Alors qu'on lui faisait remarquer que Franck Riester était resté assis lors de la cérémonie, elle a noté que "le ministre de la Culture est dans une situation différente, il est là car il représente aussi un ensemble professionnel, qui est celui du milieu de la culture". Le ministre a redit samedi que "célébrer" Roman Polanski était un "mauvais signal", ajoutant qu'il "pouvait comprendre" la réaction "de colère" d'Adèle Haenel.

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