Au procès de Johnny Depp contre "The Sun", les avocats de l'acteur tentent d'accréditer la thèse d'une Amber Heard violente

L\'acteur, réalisateur et producteur américain Johnny Depp à son arrivée à la Haute cour de justice de Londres le 24 juillet 2020.
L'acteur, réalisateur et producteur américain Johnny Depp à son arrivée à la Haute cour de justice de Londres le 24 juillet 2020. (SOPA IMAGES / SIPA / JAMES WARREN)

L'acteur américain a intenté un procès en diffamation au tabloïd anglais qui l'avait qualifié en 2018 dans ses pages de mari violent, ce qu'il conteste.

Les avocats de Johnny Depp ont joué vendredi 24 juillet 2020 leurs dernières cartes pour tenter de discréditer les accusations de son ex-épouse Amber Heard, au procès intenté par l'acteur au tabloïd britannique The Sun qui l'avait qualifié de mari violent. Après trois semaines d'audience très médiatisée devant la Haute Cour de Londres, le procès en diffamation, qualifié de "blockbuster" par la presse britannique, approche de son terme.

Johnny Depp, 57 ans, affirme n'avoir jamais levé la main sur une femme et accuse en retour de violences son ex-épouse Amber Heard, qu'il dépeint comme une calculatrice narcissique et sociopathe. Vendredi, les avocats de Johnny Depp ont cherché à démontrer que l'actrice de 34 ans pouvait se montrer violente.

La défense de Johnny Depp tire une vidéo de son chapeau

Ils ont ainsi introduit dans les débats des extraits vidéos issus du tournage d'une émission de téléréalité datant de 2006-2007. Reçues la veille d'une source anonyme, ces images montrent la soeur de l'Américaine de 34 ans, Whitney Henriquez, questionnée autour d'une piscine par d'autres participantes sur des marques sur son visage et le haut de sa poitrine que l'on distingue mal sur les images de médiocre qualité.

"Je n'arrive pas à croire qu'Amber t'ait botté les fesses", entend-on l'une des participantes dire à Mme Henriquez. Face aux questions pressantes, Whitney Henriquez rétorque dans la vidéo qu'elle ne veut pas en parler.

A l'audience vendredi, Whitney Henriquez a expliqué que les autres participantes n'avaient alors d'autre but que de tenter de pimenter une conversation d'une totale platitude, de "créer une histoire", en "cherchant des blessures qui n'étaient pas là". Elle a en revanche répété que sa soeur avait été victime de "violences domestiques".

L\'actrice américaine Amber Heard, l\'ex-épouse de Johnny Depp, à son arrivée à la Haute cour de Londres vendredi 24 juillet 2020.
L'actrice américaine Amber Heard, l'ex-épouse de Johnny Depp, à son arrivée à la Haute cour de Londres vendredi 24 juillet 2020. (SOPA IMAGES / SIPA / JAMES WARREN)

La meilleure amie d'Amber Heard sur le gril

En vidéo conférence depuis Los Angeles, Rachel Pennington, "meilleure amie" d'Amber Heard au temps où elle était avec Johnny Depp, a témoigné dans le même sens. Elle a néanmoins admis n'avoir jamais vu l'acteur se montrer violent avec l'actrice américaine.

Rapidement, l'avocate de Johnny Depp Eleanor Laws a resserré l'étau autour de la jeune femme. "Vous avez fabriqué tout ça n'est-ce pas? Vous avez menti et menti encore pour votre amie", lui a-t-elle lancé. Réponse catégorique: "absolument pas".
Rachel Pennington a affirmé avoir vu en décembre 2015 une Amber Heard aux cheveux arrachés, à la lèvre abimée et avec des blessures au cuir chevelu.

L'avocate de M. Depp l'a alors accusée d'avoir pris des photos pour "cataloguer des choses" qui "ne se sont pas produites", ce que le témoin a catégoriquement contesté. Question après question, Eleanor Laws a accusé la jeune femme d'avoir participé aux mensonges dont elle accuse Amber Heard qui, dans cette procédure, a le statut de témoin cité par le Sun.

Un témoin dit avoir eu peur d'être "blacklisté" à Hollywood

Tout dernier témoin dans ce procès : Tillet Wright, un ami d'Amber Heard. Le 21 mai 2016, il était au téléphone avec Amber Heard pendant une dispute avec Johnny Depp et a fini par appeler la police.

Alors que son amie était accusée d'être animée par des motivations financières, il avait pris sa défense en écrivant à sa demande un article publié sur internet. "Personne ne voulait le faire publiquement, parce ce qu'ils avaient peur de représailles de la part de Mr Depp", a-t-il affirmé. A l'époque, nombreux sont ceux qui craignaient d'être "blacklistés" à Hollywwod s'ils prenaient fait et cause pour Amber Heard, a-t-il affirmé, expliquant qu'après la publication de l'article, son agent avait été "menacé".

Le procès se poursuit lundi 27 et mardi 28 juillet avec les plaidoiries des avocats.

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