Les manifestantes refusent d\'être considérées comme des \"victimes\", mais plutôt comme des \"survivantes\".
Les manifestantes refusent d'être considérées comme des "victimes", mais plutôt comme des "survivantes". (LUCY NICHOLSON / REUTERS)

"Vous n’êtes pas seules !" : des femmes organisent une "marche des survivantes" à Hollywood contre les violences sexuelles

Le hashtag #MeToo est devenu viral dans plus de 80 pays depuis les scandales sexuels qui secouent Hollywood. Aussi, dimanche 12 novembre, plusieurs associations se sont données rendez-vous dans cette ville de Californie pour rappeler que le harcèlement et les violences sexuelles ne concernent pas que les gens riches et célèbres.

"Les gens commencent à nettoyer sous le tapis"

Dressez-vous pour les femmes du monde", scandent les manifestantes de cette "marche des survivantes". Au milieu des touristes qui se prennent en photos sur Hollywood Boulevard avec les étoiles des stars sur le trottoir, une femme a décidé de s’exprimer autrement. Elle a recouvert ses vêtements de bouts de papiers qui sont autant de souvenirs des harcèlements subis. Elle a cousu deux mains sur sa poitrine, deux mains où est écrit "Josh, acteur, 1997".

Les scandales ultramédiatisés d’Hollywood ont eu le mérite de délier les langues dans le pays. "Les gens commencent à nettoyer sous le tapis et à regarder derrière les rideaux. Il était temps !", se réjouit Sonia, T-shirt "Me Too" sur le dos. Dans le cortège, peu de membres de l’industrie du cinéma. Sheva est venue avec sa fille, une adolescente qui tient une pancarte sur laquelle on peut lire : "Le présent appartient aux femmes". "Je veux que l’avenir des femmes et des jeunes filles soit sûr, explique-t-elle. La seule façon d’y arriver, c’est de se faire entendre. Il faut que les choses changent."

"Parlez ! Même sur votre lieu de travail !"

Un peu plus loin, Michelle, elle, a connu le viol et le harcèlement sur son lieu de travail. Elle ne veut pas de ce monde pour ses petits-enfants. Aussi, cette retraitée a un message pour les victimes de violences sexuelles. "N’ayez pas peur, vous n’êtes pas seules, leur lance-t-elle. Parlez, parlez même sur votre lieu de travail ! Cela vaut le coup de perdre son boulot. Trouvez-en un autre où on vous traitera comme un être humain." 

Vanessa Umana fait partie des organisatrices du rassemblement. Après la marche, son prochain combat, et celui de l’association California for Progress, sera la fin de la prescription pour une agression sexuelle. Pour qu’une victime puisse parler quand elle en aura la force. "C’est devenu une culture, s’indigne Vanessa. C’est devenu normal. Les agresseurs ne sont parfois pas condamnés comme ils le mériteraient alors qu’une personne qui a été agressée sexuellement est traumatisée toute sa vie."

Des survivantes, pas des victimes

L’actrice Alyssa Milano a popularisé le hashtag #MeToo après l’affaire Harvey Weinstein. On l’a retrouvé retweeté plus de 2 millions de fois dans 85 pays depuis. Mais le mouvement a été lancé il y a 10 ans par l'activiste Tarana Burke. Dimanche, elle était en tête de cortège. "Aujourd’hui, nous nous dressons devant la peur, le ridicule, le rejet et la honte pour dire : 'Tu t’en es pris à moi parce que tu pensais que j’étais seule mais pas aujourd’hui'", explique-t-elle. Tout comme son intitulé "Survivor's March" (La marche des survivantes), la bande son du rassemblement a aussi été soigneusement choisie : dans l'air flottent Survivor de Destiny’s Child ou I will survive de Gloria Gaynor. 


Les "survivantes" des violences sexuelles défilent à Hollywood - le reportage de Loïc Pialat
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