"Pourquoi tu n'es pas en robe aujourd'hui ? Tu es plus jolie en robe" : à la Défense aussi, #balancetonporc parle aux salariées

Photo d\'illustration d\'agression sexuelle.
Photo d'illustration d'agression sexuelle. (MAXPPP)

Après le scandale Harvey Weinstein, le hashtag #balancetonporc a été lancé sur Twitter pour dénoncer les cas d'agressions ou d'harcèlements que subissent les femmes dans leur quotidien. Des pratiques courantes et souvent passées sous silence.

Dans la foulée du scandale Harvey Weinstein, les appels à dénoncer les cas de harcèlements et d'agressions sexuelles se multiplient. C’est le cas en France avec le hashtag #balancetonporc. Lancé il y a quatre jours, il a été utilisé par près de 60 000 personnes mardi 17 octobre, dont 16 000 femmes qui témoignent de ce qu’elles ont vécu ou vivent encore sur leur lieu de travail. Des pratiques courantes et souvent passées sous silence.

À la Défense, grand quartier d'affaires parisien, cette problématique a un écho particulier. Le harcèlement sexuel, Sarah, la trentaine, y a déjà été confrontée. Trop souvent, elle a subi les remarques déplacées, les réflexions sur son physique, sur sa tenue : "Pourquoi tu n'es pas en robe aujourd'hui ? Tu es plus jolie en robe."

Sarah : "Cela ne choquait pas grand monde"
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Elle a subi aussi cet humour graveleux de certains de ses collègues masculins, qui pour certains ont même organisé des concours au sein de l’entreprise. "Qui a les plus gros seins ? Qui a les plus moches ? Ils font même des mises en situation, par exemple dans une limousine ou dans une chambre d'hotel. Et cela ne choque pas grand monde". 

Des mots et des gestes inappropriés

Pour Marie, c’était des mots et des gestes inappropriés. Et qui malgré ses protestations, n’ont été suivis d’aucune sanction contre les auteurs : "Si ce sont des personnes qui ont du pouvoir et qui rapportent de la valeur à l'entreprise généralement on passe à côté de ces petits écarts. Parce qu'il n'y a pas mort d'homme."

Mais il y a des souffrances de femmes. Des femmes qui, même quand elles ont le courage de parler, ne sont que rarement entendues, explique Safira : "Je connais des personnes qui ont été confrontées à ce problème et qui l'ont remonté à leurs directions et elle leurs ont répondu 'tant que tu n'as pas de preuve, des choses concrètes, des e-mails, on ne peut pas te croire."

Selon les chiffres du Défenseur des droits, près de 30% des victimes préfèrent se taire et subir dans un silence encore assourdissant.

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