"On en est à 225 appels dans le mois, c'est énorme" : les associations croulent sous les dénonciations de violences sexuelles

Pour 1 000 plaintes déposées en un an, 93% ont été classées sans suite. (photo d\'illustration).
Pour 1 000 plaintes déposées en un an, 93% ont été classées sans suite. (photo d'illustration). (MAXPPP)

Depuis l’affaire Weinstein, des femmes de plus en plus nombreuses contactent les permanences téléphoniques des associations pour dénoncer des violences sexuelles. Franceinfo s’est rendu dans l’une d’elles.

"AVFT bonjour ? Pour vous c’est un collègue, donc, qui…" Depuis l'affaire Weinstein et le hashtag #balancetonporc, les femmes n'hésitent plus à prendre la parole. Aussi, à la permanence téléphonique de l'Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail, les appels affluent.

"On passe nos journées au téléphone !"

Depuis dix jours, l'AVFT fait face à un véritable raz de marée de mails et de coups de fil : entre cinq et dix nouveaux cas par jour, contre quatre par semaine l'an dernier. Pour Laure Ignace, juriste à la permanence téléphonique, c'est du jamais vu. "Il y avait bien eu l’affaire Baupin, mais elle n’avait pas entraîné autant de réactions en chaîne que l’affaire Weinstein, constate-t-elle. On passe nos journées au téléphone ! Rien que sur le mois d’octobre, on est à 225 appels dans le mois alors que nous sommes ouverts que trois heures par jour. C’est énorme."

Toutes sortes de violences décrites dans les appels

Ces témoignages sont toujours plus nombreux : dans la police, à l'université, à l'hôpital ou chez les militaires. "Ce sont des propos ou des comportements à connotation sexuelle, des attouchements sur les seins ou les fesses, des images pornographiques affichées dans l’entreprise, des pénétrations digitales, décrit Léa Scarpel, juriste à l’AVFT. Ces femmes décrivent toutes sortes de violence sexuelles."

D'après les derniers chiffres de la Chancellerie, pour 1 000 plaintes déposées en un an, 93% ont été classées sans suite. L'AVFT réclame ainsi d'abord aux employeurs de réagir, de protéger leur salarié, sans quoi, estiment ses responsables, il sera impossible de mettre fin aux violences sexuelles au travail.  

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