#balancetonporc : "Un hashtag ne remplace pas un procès"

La journaliste Clara Schmelck, sur franceinfo, le 16 octobre 2017.
La journaliste Clara Schmelck, sur franceinfo, le 16 octobre 2017. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

La journaliste Clara Schmelck a estimé, lundi sur franceinfo, que les harcèlements qui ont été dénoncés sur Twitter via #balancetonporc doivent "passer devant les tribunaux".

"Un hashtag ne remplace pas un procès", a tempéré la journaliste et philosophe des médias Clara Schmelck, invitée de franceinfo lundi 16 octobre, après le succès du hashtag #balancetonporc sur Twitter. Pour elle, ces harcèlements sexuels qui ont été dénoncés doivent "passer devant les tribunaux", car "ce sont des faits très graves. Ce ne sont pas juste des comportements indélicats".

Après l'affaire Weinstein, des milliers de femmes en France ont raconté le harcèlement ou les agressions sexuelles dont elles ont pu être victimes. La journaliste Sandra Muller a créé le mot clé #balancetonporc sur le réseau social Twitter pour "dénoncer" ceux qui harcèlent.

franceinfo : Est-ce que le succès du hashtag "balance ton porc" vous étonne ?

Clara Schmelck : Non, car cela fait un moment déjà que Twitter est utilisé pour libérer la parole. Sandra Muller, celle qui a lancé le hashtag, l'a fait en temps voulu. Les femmes étaient prêtes à raconter, et on le voit d'ailleurs. Le sujet du harcèlement, des choses qui sont passibles de justice, ont été cadrées, énoncées et factualisées. Ça, c'est une avancée très grande.

Est-ce un cri de colère ou est-ce que cela pourra aller vers un procès ?

Ce sont des faits très clairs et très explicites qui ont été décrits. Surtout, on se demande comment cela n'a pas pu déjà être mis en procès. C'est vraiment la question de la rapidité de la justice, et en même temps sa nécessité qui est posée, car le hashtag ne remplace pas un procès. Quand vous regardez #balancetonporc, ce sont des faits très graves, des faits vraiment condamnables, ce ne sont pas juste des comportements indélicats. Certains récits remontent à plusieurs années. Ce qui a été dénoncé doit passer devant les tribunaux. C'est aussi pour donner l'exemple aux générations futures, leur montrer que ces pratiques sont d'un autre âge et que l'on ne peut plus faire ça maintenant.

Y-a-t-il un risque d'accuser nommément ses agresseurs ?

Accuser sans preuve est très risqué. Il y des risques de calomnie ou de règlement de comptes. Il y a aussi une autre difficulté, c'est d'énoncer des faits difficiles à raconter en 160 caractères.