"Valérian", la dernière superproduction de Luc Besson : "Je suis vraiment heureux de l'avoir fait"

Luc Besson à Berlin, le 19 juillet 2017, lors de la présentation de son dernier film, \"Valérian et la cité des mille planètes\".
Luc Besson à Berlin, le 19 juillet 2017, lors de la présentation de son dernier film, "Valérian et la cité des mille planètes". (MAXPPP)

La dernière superproduction de Luc Besson, "Valérian et la cité des mille planètes", sort en salle mercredi 26 juillet. Le réalisateur se confie sur son choix de porter deux jeunes acteurs à l'écran et sur le coût de son film, 180 millions d'euros. 

C'est la plus grosse production européenne à ce jour. Valérian et la cité des mille planètes, écrit, réalisé et produit par Luc Besson, sort en salle mercredi 26 juillet. Cette adaptation cinématographique de la bande dessinée de science-fiction, Valérian, imaginée à la fin des années 1970 par Pierre Christin et Jean-Claude Mézières, est annoncée comme l'un des gros blockbusters de l'été. 

À 58 ans, Luc Besson a accompli son rêve d'enfance en portant sur grand écran les aventures des deux agents intergalactiques, Valérian et Laureline. Même si son film ne remporte pas un succès franc et net au box-office, le réalisateur français se veut serein et rassurant quant au risque financier lié à sa superproduction à près de 200 millions d'euros alors que sa société de production Europacorp a annoncé, fin juin, avoir perdu près de 120 millions d'euros lors de l'exercice 2016-2017.

franceinfo : C'est le film le plus cher jamais produit en Europe. A-t-il été compliqué à faire ?

Luc Besson : Le montage financier est en réalité assez simple. Il se passe toujours de la même façon. C'est ce que l'on appelle des préventes : vous demandez aux acheteurs étrangers, allemands, autrichiens, italiens, chinois, japonais, vous venez leur raconter votre film avec votre scénario, vos dessins, et s'ils estiment que le projet est incroyable et qu'ils ont envie d'y participer, ils vous donnent ces avances. Et, grâce à ces avances, vous pouvez faire le film. Donc, en réalité, le financement du film à 90% s'est fait il y a trois ans au festival de Cannes où ces gens-là nous ont dit oui et nous accompagnent sur ce film. Donc, on a déjà ce financement avant de le faire. On ne peut pas démarrer ce film sans ce financement, ce n'est pas possible. Il y a une mauvaise compréhension de l'histoire de la part des médias généralement.

Pourquoi ce casting ? Vous avez pris deux acteurs relativement novices, Dane DeHaan, 31 ans, et la top model devenue actrice Cara Delevingne, 24 ans, pour les rôles principaux. Tandis qu'une myriade de stars comme Rihanna, Clive Owen et Ethan Hawke jouent des rôles secondaires...

Il faut toujours, toujours, toujours, choisir la meilleure personne pour le rôle. Et une de mes grandes fiertés, c'est ce couple. Je trouve qu'il fonctionne à merveille. Mais, vous savez, souvenez-vous, ce n'est pas évident Kate Winslet et Leonardo DiCaprio dans Titanic parce que ce ne sont pas de grandes vedettes à cette époque-là. Et Cameron a raison de les prendre parce ce sont vraiment les meilleurs et ça devient un couple mythique du cinéma. Et quand Lucas commence La Guerre des étoiles, c'est pareil : Harrison Ford est un jeune premier, Luke Skywalker n'est pas connu et, de toute façon, les deux héros sont deux robots !

Vous avez lu Valérian dans votre jeunesse, dans les années 70. Pourquoi avoir attendu si longtemps pour faire ce film ? 

Valérian n'est pas possible à fabriquer pendant des années. Il est possible depuis sept/huit ans. Techniquement, il y a trois/quatre personnages et 5 000 aliens de planètes différentes. C'est juste impossible à faire.

Qu'est-ce qui est important, pour vous, dans cette bande dessinée et, du coup, dans ce film ? 

Il y a plein de thèmes dans Valérian. Ça parle de l'immigration, ça parle de l'écologie... Tous ces sujets des années 1970 qui restent aujourd'hui très actuels et qui m'ont permis de nourrir un film qui n'est pas qu'un spectacle simplement fun et coloré. C'est aussi cela mais cela permet de mettre une dimension plus humaine à l'intérieur qui, à mon âge, me satisfait un peu plus.

La bande-dessinée compte 22 albums. Y aura-t-il une suite à Valérian ?

Si le public me plébiscite en disant : "Encore, encore !", moi, je signe demain, je serais ravi, j'adore ces deux personnages. J'ai passé quatre ans à bosser fort, fort, mais je suis vraiment heureux de l'avoir fait. J'adore Dane et Cara. Je signe demain matin pour le deux, le quatre... pas de problème !