Cadeaux de Noël : 10 BD merveilleuses à glisser sous le sapin

 La sélection BD pour Noël de Culturebox
 La sélection BD pour Noël de Culturebox

Le livre reste un des cadeaux préférés des Français.es. Piochés dans la riche production BD de l'année, la sélection de Culturebox, pour tous les âges.

1
"L'arabe du futur" Riad Sattouf 
(Allary Editions – 288 pages – 25,90 euros)
La suite des aventures du petit Riad, entré dans l'adolescence, une période de la vie que le dessinateur croque avec talent. Ce 4e tome, le plus touchant, s'achève sur un coup de théâtre renversant. Le cadeau idéal.
2
"Moi, ce que j'aime, c'est les monstres", Emil Ferris
Traduit de l'anglais (Etats-Unis) par J.-C. Khalifa, lettré à la main par Amandine Boucher
(Monsieur Toussaint Louverture - 416 pages - 34,90 euros)
Karen Reyes, une petite fille, grandit dans le sous-sol d'un immeuble à Chicago, avec sa mère et son frère Deeze, beaucoup plus âgé qu'elle. Deeze est un beau gosse. Il aime les femmes et elles le lui rendent bien. Karen, elle, a choisi d'être un monstre. Un joli loup garou. Elle préfère, dans ce quartier plein de prédateurs, être un monstre plutôt qu'une femme. Elle passe presque tout son temps à dessiner. Dans l'œil gauche de sa mère, il y a une tache d'un vert profond, que Karen appelle l'île verte… "Moi, ce que j'aime, c'est les monstres" est sans exagérer l'album événement de l'année. Grand prix de la critique BD 2018, décerné par l'association ACBD qui rassemble les journalistes et critiques de bande dessinée, l'album est également sélectionné pour le Fauve d'or du festival d'Angoulême 2019, et le prix BD Fnac/France Inter. Il a également été sélectionné parmi les "100 livres de l'année" du magazine Lire. Entièrement dessiné au stylo Bic, ce roman graphique extraordinaire par sa beauté, sa maîtrise narrative, son inventivité, son humanité, est la première œuvre d'Emil Ferris, une américaine venue tardivement à la bande dessinée après avoir été piquée par un moustique. Nous l'avions rencontrée lors de son passage à Paris en septembre.
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3
"Heimat", de Nora Krug
Traduit par Emmanuelle Casse-Castric
(Gallimard Bande dessinées – 288 pages – 32.50 €)
Une Allemande vivant aujourd'hui aux Etats-Unis fait un voyage dans le passé et à travers l'histoire de sa famille, dans celle de l'Allemagne nazie. Composé de collages, planches de bandes dessinées, textes, photos, croquis, ce roman graphique, raconté comme une enquête, ouvre en grand les portes d'une question rarement évoquée, celle des générations qui ont grandi dans l'ombre culpabilisante  de l'héritage nazi. La narratrice veut savoir qui étaient ses aïeux, et quelle position ils ont adopté pendant la guerre. Une enquête difficile, douloureuse, que l'auteure d'Heimat" livre avec une sincérité bouleversante. Avec ce titre, "Heimat", terme presque impossible à traduire d'un mot en français, qui désigne tout autant la patrie, que la maison où on a grandi, que l'endroit où l'on se sent chez soi, Nora Krug propose une interrogation sur l'identité, celle qu'il faut se construire avec le poids de l'histoire familiale et historique. Un roman graphique d'une grande et calme puissance. Précieux, par les temps qui courent.

4
"Les Rigoles" Brecht Evens
(Actes Sud BD - 340 pages - 29 €)
La sortie d'un album du Belge Brecht Evens est toujours un petit événement. "Les Rigoles" est une variation autour de trois personnages, trois jeunes gens en quête de sens. On suit au cours de cette longue nuit Victoria, Jona, et Rodolphe, âmes égarées ou "princes et princesses d'Europe", leurs interrogations, leurs déambulations dans une ville faite d'ombres mais surtout de lumières. Chacun cherche sa route, emprunte des chemins de traverse, expérimente, s'enivre, danse, profite ou disparait. Un graphisme époustouflant, et une narration pleine de liberté et de fantaisie, qui invite à voyager dans un monde foisonnant de couleurs et de formes. Hypnotique.
5
"Au plus près", Anneli Furmark, Monica Steinholm
Traduit du suédois par Florence Sisask 
(Çà et là - 224 pages – 22 euros)
Jens,  17 ans, réalise qu'il est amoureux de son plus vieux copain d'enfance. Bouleversé il part se mettre au vert chez son oncle en couple avec un homme. C'est là, dans les beaux paysages du Nord de la Norvège, qu'il rencontre Edor, un jeune homme sûr de lui. Edor, en couple avec Beate, une jeune fille, se sent irrépressiblement attiré par ce grand garçon roux et timide. Adapté par la dessinatrice suédoise Anneli Furmak d’un roman de la romancière norvégienne, Monica Steinholm, "Au plus près" évoque les émois de l'adolescence et l'éveil à la sensualité, ici du côté de l’homosexualité, avec une grande sensibilité, dans une narration classique et un graphisme très doux.


Et pour les plus jeunes :

6
"Un gentil Orc sauvage", Théo Grosjean (Delcourt)
(Delcourt – 216 pages – 16,95 €)
Pépite du salon jeunesse de Montreuil, cette bande dessinée est la première d'un très jeune auteur. Théo Grosjean, 22 ans, y fait le récit en noir et blanc des aventures d'Oscar, un jeune Orc, contraint, après avoir assisté au massacre de son village, de quitter son pays. Le jeune garçon tombe aux mains de ces Orcs extrémistes, nostalgiques du temps où le royaume vivait à l'état sauvage, racistes, et rendus à la Barbarie. En noir et blanc, cet album, entre la tragédie et la légende, décrit à travers une aventure pleine de rebondissements et d'une manière allégorique les dangers de l'extrémisme, les dégâts d'une société privée de droit, mais aussi les souffrances de l'exil et de la migration forcée. 

7
"La brigade des cauchemars", Frank Thilliez et Yomgui Dumont
(Jungle / Coll. Frissons – 56 pages – 11.50 €)
Dans le tome 1, on avait fait connaissance avec Esteban et Tristan, les deux ados de la Brigade des Cauchemars, cette drôle d'équipe lancée par le professeur Angus avec pour mission de chasser les mauvais rêves des têtes de ses patients. Tristan est le fils du professeur Angus, qui a aussi adopté Esteban, retrouvé amnésique dans une forêt. Les deux ados ont le pouvoir d'entrer dans les cauchemars des jeunes patients pour enquêter sur les origines des mauvais rêves et en débarrasser définitivement la victime… Le mystère s'épaissit quand arrive à la clinique une nouvelle patiente prénommée Sarah… On retrouve toute l'équipe dans le tome 2, paru cet automne. Sarah a rejoint la brigade qui, avec l'arrivée d'un nouveau patient, Nicolas, se trouve chargée d'une nouvelle mission délicate… Cette série, écrite par Franck Thilliez, un maître du thriller adulte, et mise en images par la patte expressive de Yomgui Dumont, aura de quoi faire frissonner vos ados. 

8
"L’Été fantôme", Élizabeth Holleville, Glénat
(Glenat – Coll. 100 pages – 256 pages – 25 €)
Louison, comme chaque année, passe ses vacances au bord de la mer dans la maison de sa grand-mère. Elle attend avec impatience l'arrivée de ses cousines. Mais cette fois les choses ont changé. Ses cousines ont bien grandi et elles ont des préoccupations qui ne l'intéressent pas. Errant dans la maison et dans le jardin, elle tombe sur Lise, une étrange jeune fille, qui, elle le découvre bien vite, n'est autre que le fantôme de sa grande tante, la sœur de sa grand-mère, morte 60 ans plus tôt dans des circonstances mystérieuses. Les deux jeunes filles apprennent à se connaître. Cette rencontre est l'occasion pour Louison de sortir de l'ombre un secret de famille et de commencer aussi à lâcher le monde de l'enfance. Un album singulier, baigné dans les couleurs du Sud, qui aborde de manière très originale l'entrée dans l'adolescence, inscrit dans une histoire familiale.
9
"Crevette", d'Elodie Shanta
(La Pastèque – 114 pages – 16 euros)
Crevette la petite sorcière rate toujours le concours d'entrée à l'école de sorcellerie, alors elle signe un pacte avec le chat Gamelle et Joseph le petit démon : Crevette viendra habiter avec eux au manoir, et en échange de quelques heures de ménage, ils acceptent de la coacher pour lui donner les moyens de réaliser son rêve. Un univers très enfantin, plein d'humour, de gags et de tendresse. Parfait  pour initier les plus petits au 9e art, "Crevette est en compétition pour le Fauve d'Angoulême -Prix jeunesse 2019. A partir de 6 ans.
10
"Claude et Morino", Adrien Albert
(L’école des loisirs – 80 pages – 13.50 €)
Morino se lève pour faire pipi par une trappe prévue à cet effet dans sa caravane. Se faisant, il réveille Claude, un petit squelette enfoui depuis longtemps sous terre. Claude ainsi réveillé à la vie n'a plus du tout envie de retourner 6 pieds sous terre et s'accroche à son nouvel ami Morino, qui finit par se lier d'amitié avec ce squelette un brin collant. (A partir de 5 ans).
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