BD bande dessinée. Un procès prototype

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Cet été, chaque samedi, une BD d'actualité et de reportage."Chroniques d'un procès du terrorisme" se présente comme un livre hybride. Les comptes-rendus des journalistes de France Inter et France Culture y font écho aux dessins d'audience et aux commentaires d'un universitaire.

Ils se sont mis à quatre - deux journalistes, Florence Sturm de la rédaction de France Culture et Charlotte Piret de celle de France inter, un universitaire, Antoine Mégie, et un dessinateur Benoît Peyrucq- pour composer un livre dont le but est de faire comprendre à la fois toutes les subtilités juridiques et  procédurales, mais aussi toute la dimension humaine d’un procès hors-norme.

L'émotion des familles des victimes

Ce procès, c’est le premier procès d’Abdelkader Merah, le frère du tueur fanatisé qui a semé la mort à Toulouse et Montauban en mars 2012.

C’est un procès précurseur, le premier de la scène terroriste. Viendront rapidement ceux des attentats du 13 novembre, des terrasses, du Bataclan, de Charlie-Hebdo.

La journaliste Florence Sturm

Chroniques d’un procès du terrorisme décortique les points de droit, l’acte d’accusation, les interrogatoires des témoins et des accusés, tout ce qu’on ne voit pas à l’heure d’une médiatisation exacerbée mise en scène à l’extérieur, sur les marches des palais de justice.

Les victimes prennent de plus en plus de place et on le conçoit, dans l’émotion que suscitent légitimement ces attentats. Mais il est important d’assister au procès lui-même, de bout en bout et de l’intérieur.

La journaliste Florence Sturm

Quand le dessin chorégraphie la justice

La salle d’audience est un lieu où micros, appareils photos et caméras n’entrent pas. Seuls les dessinateurs sont autorisés à croquer sur le vif le drame qui se joue. Avec l’accord du président, Benoît Peyrucq a pu s’installer à différents endroits. D’un trait rapide, au fil de quelque 180 dessins d’audience à peine rehaussés à l’aquarelle, il donne à voir les postures, les visages, les mouvements, les regards. 

Je viens du matin au soir. Je me mets dans une bulle et j’observe tout ce qui se passe à tous les instants. Je pense voir des choses que personne ne voit. Je suis complètement imprégné.

Le dessinateur Benoît Peyrucq

A l’ordre chronologique, aux journées qui se suivent, les auteurs ont préféré les chapitres thématiques. La scène terroriste implique-t-elle une justice d’exception ? Qui sont les accusés ? Qui est la famille Merah? Comment comprendre le verdict ? On perçoit alors la faille infranchissable entre les émotions des uns et la force du droit.

Chroniques d’un procès du terrorisme aux éditions de la Martinière.  

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