"Basquiat, la rue nous inspire", l’hommage collectif de la jeune génération au maître de l’underground

\"Sans titre\", 1986. Ce dessin de Jean-Michel Basquiat prêté par le FRAC Picardie, a servi de point de départ à l\'exposition.
"Sans titre", 1986. Ce dessin de Jean-Michel Basquiat prêté par le FRAC Picardie, a servi de point de départ à l'exposition. (J.Arrignon / France Télévisions)

30 ans après la disparition de Jean-Michel Basquiat, le musée Boucher-de-Perthes à Abbeville rend hommage au prodige new-yorkais. 70 œuvres retracent le parcours fulgurant de l’artiste dont l’œuvre reste une référence dans le monde du street art. Jusqu’au 20 mai.

C’est une exposition qui fleure bon les années 80. Dans la salle principale, un vélo BMX semble jaillir du mur. L’œuvre signée de l’artiste montpelliérain Monsieur BMX projette le visiteur 30 ans en arrière, au cœur de cette décennie qui vit naître et mourir la légende Jean-Michel Basquiat. Une décennie d’aventure artistique à laquelle les street-artistes d’aujourd’hui ont souhaité rendre hommage.

L'idée c'était de partir de Basquiat jusqu'à une exposition faite par les jeunes et en même temps des artistes professionnels.Yann Colignon, initiateur de l'exposition

Il y a un an, alors que débute l’année de commémoration des trentre ans de la mort de Basquiat (1960-1988), le directeur du skatepark d’Abbeville Yann Colignon apprend que le FRAC Picardie (Fonds régional d’art contemporain) de Picardie possède deux œuvres du maître de l’underground. C’est le point de départ d’une grande aventure dans laquelle il embarque le graffeur picard Fabien Mazé alias Xkuz. Au centre de l’exposition, un dessin de Jean-Michel Basquiat (Sans titre, 1986) donne le ton. Et telle une constellation d’étoiles autour d’un soleil, 70 œuvres lui répondent. Chacune à sa manière.

Xkuz a choisi un symbole de la culture de la rue comme support. Sur une rampe de skate, des motifs géométriques multicolores invitent le visiteur à l’envol. À sa droite, sur tout un pan de mur (l’œuvre mesure 7m de longueur sur 2m50 de hauteur !) le street-artiste new yorkais JonOne a spécialement créé pour l’exposition une fresque en noir et blanc composée de 99 planches de skateboard. Sorte de moucharabieh moderne et abstrait, le résultat est spectaculaire.  

Aux côtés de ces artistes confirmés et pour certains, mondialement connus, des œuvres de collégiens. Deux classes de 5e du collège Ponthieu d’Abbeville participent à cet hommage collectif. Après avoir travaillé tout un trimestre sur l’artiste et son univers (les élèves se sont même rendus à la Fondation Louis Vuitton à Paris pour la grande rétrospective Basquiat), les élèves ont créé leurs propres œuvres. "Ils ont délibéré et en ont trouvé quarante qui étaient vraiment intéressantes", explique Yann Colignon. "On les a mises sous vitrine et exposées juste à côté de Basquiat. Ce qui est un sacré hommage quand même." Un sacré hommage et une preuve supplémentaire, s’il en fallait une, que Jean-Michel Basquiat reste un artiste intemporel.

Yann Colignon, directeur du skatepark d\'Abbeville et initiateur de l\'expo devant les oeuvres de collégiens.
Yann Colignon, directeur du skatepark d'Abbeville et initiateur de l'expo devant les oeuvres de collégiens. (J.Arrignon / France Télévisions)

Basquiat, la rue nous inspire au musée Boucher-de-Perthes, 24 rue Gontier-Patin à Abbeville jusqu'au 20 mai. Tous les jours sauf le mardi de 14h à ,18h. Tarif : 4 euros. Tel : 03 22 24 08 49

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