Une effigie funéraire de Catherine de Médicis d'un réalisme surprenant exposée à Blois

L\'effigie funéraire de Catherine de Médicis de Girolamo della Robbia, une oeuvre d\'un réalisme saisissant.
L'effigie funéraire de Catherine de Médicis de Girolamo della Robbia, une oeuvre d'un réalisme saisissant. (THIERRY OLLIVIER / RMN-GP / AGENCE PHOTO DE LA RMN-GP)

Catherine de Médicis est de retour à Blois presque 500 ans après sa mort. Un gisant à son effigie est exposé dans la chapelle du château, dans le cadre des 500 ans de la Renaissance.

Un corps décharné aux côtes saillantes. Un visage émacié figé par le masque de la mort. L'effigie funéraire de Catherine de Médicis, sculptée au XVIe siècle par le Florentin Girolamo della Robbia, est d'un réalisme saisissant. Sans doute un peu trop. L'oeuvre, commandée par la reine en 1565, fut abandonnée l'année d'après.

Catherine de Médicis a le même âge que la Renaissance. La fille de Laurent de Médicis est en effet née à Florence en 1519, la même année que le courant artistique. L'anniversaire célébré cette année à Blois est donc double: il s'agit de commémorer les 500 ans de la Renaissance mais aussi ceux d'une souveraine restée dans l'Histoire comme l'instigatrice de l'un des plus effroyables massacres jamais perpétrés en France : celui de la Saint-Barthélémy.

POrtrait de Catherine de Médicis, Château royal de Blois
POrtrait de Catherine de Médicis, Château royal de Blois (D.Lépissier)

C'est dire si l'exposition organisée au château de Blois est exceptionnelle. Par la personnalité de la souveraine d'abord, mais aussi par la rareté de la scultpture présentée au public dans la Chapelle Saint-Calais. C'est ici même qu'en 1589, le corps de la souveraine décédée au chateau de Blois fut exposé pendant 40 jours. 430 ans plus tard, la présence de Catherine de Médicis hante à nouveau les lieux. Sauf que l'effigie funéraire commandée à della Robbia n'était pas destinée à la modeste (quoique magnifique) chapelle. A l'origine, l'oeuvre devait orner le tombeau familial à la nécropole des rois de France, dans la majestueuse basilique de Saint-Denis.

Départ manqué pour l'éternité

Tel ne fut pourtant pas le cas. L'aspect effrayant de la sculpture aurait rebuté la reine qui préféra opter pour une oeuvre plus esthétique pour la représenter dans l'au-delà. Parmi les autres explications, la fragilité de l'oeuvre aujourd'hui conservée au musée du Louvre. Des fissures dans le marbre seraient rapidement apparues, la rendant vulnérable et quasiment intransportable.C'est d'ailleurs entourée de mille précautions et accompagnée par l'un des régisseurs du Louvre que la sculpture a fait le voyage de Paris à Blois. Une malédiction qui n'épargna pas l'auteur de ce gisant : Girolamo della Robbia est mort en 1566, un an seulement après que l'oeuvre lui fut commandée. 

"Le corps d'une reine, l'effigie funéraire de Catherine de Médicis" est à découvrir à la chapelle Saint-Calais du château de Blois jusqu'au 1er mars 2020.

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