Le sculpteur grec Takis, un des pères de l'art cinétique, est mort

Le sculpteur grec Takis devant une de ses oeuvres à Athènes en 2001.
Le sculpteur grec Takis devant une de ses oeuvres à Athènes en 2001. (STARTOS HAVALEZIS / AFP)

Le sculpteur de renommée internationale est décédé à l'âge de 93 ans.

"C'est avec une grande tristesse que la Fondation Takis annonce la perte du sculpteur international Panagiotis Vassilakis, dit Takis", a indiqué la Fondation dans un communiqué sur sa page Facebook. Aucune précision n'a été donnée dans l'immédiat sur la date et le lieu de son décès. 


Considéré avec le sculpteur américain Alexandre Calder comme l'un des pères de l'art cinétique (c'est à dire en mouvement), Takis s'est imposé dans le monde de l'art contemporain en combinant des éléments de la nature et de la physique dans ses oeuvres. Ses "signaux", des longues tiges de fer aériennes inspirées de la signalisation ferroviaire, se dressent dans l'espace public de nombreuses métropoles (Paris, New York, Londres...).

Sur l'Esplanade de la Défense, à Paris, 49 feux multicolores qui semblent montés sur ressorts se balancent doucement au gré du vent au dessus du bassin qui porte son nom, en écho à d'autres signaux envoyés au niveau de la Grande Arche.

Une installation du scuplteur grecTakis à La Défense, à Paris, en 2014.
Une installation du scuplteur grecTakis à La Défense, à Paris, en 2014. (WILFRIED LOUVET / ONLY FRANCE)

"Un artiste d'avant-garde"

Né dans un faubourg d'Athènes en 1925, Takis a eu une enfance marquée par les années de misère traversées par la Grèce. Lors de l'occupation nazie (1941-1944), il s'engage dans la résistance. Vient ensuite la guerre civile (1946-1949), et la vie politique tourmentée de son pays. "À la fin de 1953, Takis rejoint pendant quelques mois l'atelier de Brancusi", indique la biographie publiée sur le site de sa fondation.

A l'époque, il vit entre Paris et Londres, deux villes qui deviendront les principales sources d'inspiration de ses premières oeuvres cinétiques. Impressionné "par les radars, les antennes et les constructions technologiques qui ornent la gare de Calais", dans le nord de la France, alors qu'il y attendait un train, "il crée ses premiers Signaux, qui sont d'abord rigides puis comportent des signaux lumineux sur leur sommet, tout en changeant progressivement de forme", explique sa fondation.

Culture "beat"

Sculpteur prolifique, il est également pionnier dans la création de scénographies, d'arrangements musicaux pour des pièces de théâtre et des collaborations avec le cinéaste franco-grec Costa Gavras ou l'artiste américano-coréen Nam June Paik. L'artiste plonge aussi dans la culture "beat" des années 60. Lors de son premier voyage aux États-Unis en 1961, il rencontre Marcel Duchamp, qui devient plus tard un bon ami.

Considéré comme l'un des plus éminents sculpteurs contemporains en Grèce, avec Pavlos Dionyssopoulos décédé en juin, la classe politique du pays lui a rendu hommage. Le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a loué cet artiste "d'avant-garde, hors normes et inépuisable". "Pour plus de 70 ans, Takis était un artiste d'avant-garde qui avait toujours une curiosité insatiable pour les puissances de l'univers", a indiqué la ministre grecque de la Culture Lina Mendoni.

Ses oeuvres étaient le résultat d'une recherche incessante de la technologie, du magnétisme et de la lumière, influencé de la sculpture classique et la déduction du modernismeLina Mendoni, ministre de la Culture grecque

Ayant vécu surtout à Paris mais aussi aux Etats-Unis, où il a été invité à donner des cours au prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT), Takis est retourné en Grèce en 1986, où il a fondé sa fondation, le Centre de Recherche pour l'Art et les Sciences, près d'Athènes.

Une rétrospective de son oeuvre est en cours à la Tate Gallery à Londres.

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