Piquet de grève chez les danseuses du Crazy Horse

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Ras-le-bol de se dénuder tous les soirs sur scène pour 2.000 euros à peine. Les danseuses du temple du "nu chic" ont entamé hier soir la première grève de leur histoire.

Le salaire moyen d'une danseuse dans le célèbre cabaret parisien atteint en moyenne 2.000 euros par mois, pour deux à trois prestations par soir, 5 à 6 jours par semaine. Selon les grévistes, "c'est le salaire le plus bas du métier à Paris ". Leur déléguée syndicale s'appelle "Liv mee not" sur scène. Elle regrette amèrement que cette rémunération ne tienne "pas du tout compte de la charge de travail qui est la [leur] et de [leur] nudité ". Nudité contractuelle. Il existe dans leur contrat une clause spécifique les contraignant à cet "engagement moral et physique intense ".

Résultat : point de plumes, ni de strass, hier soir au cabaret. le rideau est resté baissé. Et le demeurera encore ce soir. "C'est la loose ", s'indigne un spectateur. Lui, comme les autres, ont payé leur place 125 euros et n'imagine pas que les danseuses sont "toutes à découvert à la fin du mois et vivent dans des 17 m² ". Zonnie Rogenne, 22 ans, se déshabille là depuis trois ans : "La direction aime à donner à voir dans les reportages que nous sommes des bijoux, des objets de désir sélectionnés avec rigueur. On aimerait que les salaires soient à la hauteur de cette réputation et de la noblesse de ce lieu d'exception ". Les grévistes depuis hier en tenue de ville réclament 15% d'augmentation. 

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