Visa pour l'image : Patrick Chauvel, 50 ans de photos d'un "rapporteur de guerre"

Deux jihadistes étenus par les Américains à Baghouz en Syrie, mars 2019.
Deux jihadistes étenus par les Américains à Baghouz en Syrie, mars 2019. (PATRICK CHAUVEL/SIPA/SIPA)

Visa pour l'image propose jusqu'au 15 septembre une exposition consacrée aux clichés de Patrick Chauvel, photoreporter pendant cinquante ans sur tous les théâtres de guerre.

A 70 ans, le photoreporter de guerre Patrick Chauvel vient de donner ses archives au Mémorial de Caen. Et quelles archives ! 400 000 clichés dont les plus anciens datent de la Guerre des Six Jours, en 1967, puis de la guerre du Vietnam. Le reporter sort alors tout juste de l'adolescence. L'exposition que lui consacre Visa pour l'image tente de résumer en quatre-vingt-deux images la couverture de trente-quatre conflits. 

Chaque reportage, je rencontre des gens, qui sont souvent des gens généreux, des gens en danger, des gens qui acceptent d'être filmés, photographiés, qui me racontent leurs histoires. Et donc je porte toutes ces histoires en moi. J'ai envie de les partager à travers les photos, les films, les bouquins que j'écris... Je continue à essayer de les refaire revivre en permanence.Patrick Chauvel, photoreporter

Photographe mais aussi documentariste et écrivain, Patrick Chauvel a raconté sa vie de photoreporter dans, notammment, un livre et un documentaire portant le même titre : Rapporteur de guerre.

Un survivant

Patrick Chauvel est un survivant, le photoreporter a en effet été blessé sept fois : en Irlande (balle en caoutchouc qui lui brise le fémur), au Salvador (une balle de M16 qui le touche au ventre, ablation d'une grande partie de l'intestin et un trou dans le dos), en Iran (une balle dans la cheville), au Cambodge (quatre éclats provenant d'un obus de mortier), et enfin au Liban par un obus d'artillerie lourde.

ses livres

Dans Rapporteur de guerre (J'ai lu, 2003), Patrick Chauvel revient sur plusieurs missions qu'il a eu à remplir sur les théâtres de conflits. Il raconte notamment comment il s'est retrouvé, presque encore adolescent, à couvrir le conflit entre les Américains et les communistes vietnamiens.

Dans Sky, L’histoire d’une amitié, de l’enfer du Vietnam aux terres Chiricahuas (J'ai lu, 2005), il précise son point de vue en racontant l'amitié qui le liait à un Amérindien rencontré alors que ce dernier combattait sous la bannière étoilée. Cette histoire réelle déborde la guerre du Vietnam puisque Chauvel suit notamment son ami dans un Paris des années 70 où l'on croise entre autres personnalités de cette époque, le musicien Jim Morrison.

Dans Les pompes de Ricardo Jesus (Editions Kero, 2012), il revient sur sa couverture des conflits en Amérique du Sud.

Deux jihadistes étenus par les Américains à Baghouz en Syrie, mars 2019.
Deux jihadistes étenus par les Américains à Baghouz en Syrie, mars 2019. (PATRICK CHAUVEL/SIPA/SIPA)
Deux Jihadistes détenus par les Américains à Baghouz en Syrie. Photo de Patrick Chauvel exposée à Visa pour l'image.

Patrick Chauvel a eu également l'occasion d'être comédien dans une dizaine de films dont deux dirigés par son oncle Pierre Schoendoerffer, lui-même ancien caméraman pour l'armée. Ses parents étaient résistants pendant la seconde guerre mondiale. Son père était le journaliste Jean-François Chauvel.

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