Grace Kelly et Rainier III : histoire en photos d’une première rencontre "arrangée" au Palais princier de Monaco

Premiere rencontre entre le prince Rainier III de Monaco et la star hollywoodienne Grace Kelly, le 6 mai 1955.
Premiere rencontre entre le prince Rainier III de Monaco et la star hollywoodienne Grace Kelly, le 6 mai 1955. (DALMAS/SIPA)

L’exposition "Monaco, 6 mai 1955 - Histoire d'une rencontre" au Palais princier retrace le premier rendez-vous entre l’actrice et le prince. A découvrir jusqu’au 15 octobre.

C’est l’histoire d’une rencontre qui allait changer l’histoire de la principauté. Le 6 mai 1955, un rendez-vous est arrangé entre la star hollywoodienne Grace Kelly, de passage au Festival de Cannes, et le prince Rainier III de Monaco, le célibataire le plus courtisé d’Europe. Un bref tête à tête dans les jardins du Palais princier sous l’œil de deux photographes. L’exposition "Monaco, 6 mai 1955 - Histoire d'une rencontre" dévoile 300 clichés de ce premier rendez-vous, début de l’histoire d’amour d’un couple devenu mythique.

Images inédites

On pensait que tout avait été dit sur cette rencontre de Grace Kelly avec Rainier de Monaco, elle reine d'Hollywood, lui en mal d'Amérique. Une passionnante exposition démontre le contraire. Elle est le fruit d'un minutieux travail d'historiens qui ressuscite l'actrice américaine au cœur du Palais princier. Documents d'archives, agendas, journaux, lettres, photos inédites, négatifs, tout a été exhumé pour retracer cet après-midi passé à la postérité avec leur mariage en 1956, décortiquer le mythe et créer un itinéraire ponctué de photos grandeur nature de la princesse, là même où elle prit la pose le 6 mai 1955.

"C'est une exposition dossier, au sujet certes limité, 1h20 d'histoire, mais qui a eu une importance considérable pour Monaco", explique Thomas Fouilleron, directeur des archives de la principauté, qui a conçu l'exposition avec Vincent Vatrican, directeur de l'Institut audiovisuel de Monaco. "Sans tomber dans la célébration absolue, c'est une sorte d'hommage, une mise en abîme dans les lieux mêmes du palais, avec tout le matériau historique. On essaie d'aller au bout des sources à propos de cette journée sur laquelle on a beaucoup écrit à tort et à travers."    

Deux photographes présents

Tout est parti du fonds d'archives du photographe irlandais Edward Quinn conservé à Zurich, en Suisse, riche de l'intégralité du reportage. Un autre photographe, Michel Simon, était de service le jour de la rencontre. Paris-Match a bien voulu prêter clichés et négatifs.

L'exposition va au-delà d'un simple accrochage photographique visible jusqu'en octobre dans les grands appartements du Palais (300 000 à 400 000 visiteurs par an). Fourmillant de détails, elle met à nu le lobbying intensif du festival de Cannes pour avoir l'actrice, raconte comment le rendez-vous put s'improviser, le rôle de chaperon du représentant des studios américains MGM, du chapelain américain du prince, etc.

Rainier passant le bras dans la cage du tigre. Geste qui dit-on impressiona beaucoup la jeune actrice. 
Rainier passant le bras dans la cage du tigre. Geste qui dit-on impressiona beaucoup la jeune actrice.  (DALMAS/SIPA)

300 photos de la rencontre

Monaco n'était au départ qu'une case dans l'emploi du temps de la jeune vedette, égale de Marilyn Monroe depuis son Oscar et revenue sur la Côte-d'Azur défendre La fille de province, un an après le tournage de La main au collet d'Alfred Hitchcock. Sans aucune visée matrimoniale. Sur le moment, seules trois photos sur les 300 prises par les deux photographes paraîtront dans Paris-Match, dont la plus célèbre où Grace Kelly esquisse une révérence et serre la main de Rainier.

Exposée aussi, une réplique de la fameuse robe en taffetas fleuri noir un peu potiche que Grace Kelly portait ce jour-là, surtout admirable pour l'anecdote qui va avec : ce n'est pas une tenue haute couture mais un modèle issu d'un simple magazine de patrons pour ménagère américaine, Pattern Book.  "Il y avait une grève des électriciens, donc pas de repassage et c'est la seule robe qui n'avait pas subi les froissements du voyage dans sa malle", raconte Thomas Fouilleron.

Grace Kelly au Palais princier de Monaco, le 6 mai 1955
Grace Kelly au Palais princier de Monaco, le 6 mai 1955 (DALMAS/SIPA)

"Comme seuls au monde"

Autre imprévu, le prince était très en retard et Grace Kelly avait eu le temps de tout visiter sans lui, ce pourquoi ils déambuleront finalement dans les jardins, admirant un tigre en cage. Il se dit que Rainier impressionna beaucoup sa visiteuse en passant un bras familier à travers la grille vers le fauve, ramené blessé d'un voyage en Afrique.

A partir de là, tout bascule. Rainier, dont les premières images montrent qu'il cherche à se donner une contenance, une main sur la hanche ou dans la poche, surmonte sa timidité. "Une complicité semble s'installer (...) A la fin du reportage, ils sont comme seuls au monde et les deux photographes témoigneront de leur gêne de les suivre", décrit le directeur des archives. Pressée, Grace Kelly oubliera de signer le registre des visiteurs.

Morte en 1982 dans un tragique accident de voiture, la princesse Grace de Monaco aurait eu 90 ans cette année.

Affiche de l\'exposition
Affiche de l'exposition (DR / Archives du Palais de Monaco)

"Monaco, 6 mai 1955 - Histoire d'une rencontre" - Palais princier de Monaco - jusqu'au 15 octobre 2019 - Horaires et tarifs sur le site du palais.

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