Record de vente pour un Soulages à Paris : une toile de 1960 adjugée 9,6 millions d'euros

Pierre Soulages au musée de Rodez (28 avril 2014) et \"Peinture, 200 x 162 cm, 14 mars 1960\", vendue 9,6 millions d\'euros chez Tajan à Paris le 27 novembre 2019
Pierre Soulages au musée de Rodez (28 avril 2014) et "Peinture, 200 x 162 cm, 14 mars 1960", vendue 9,6 millions d'euros chez Tajan à Paris le 27 novembre 2019 (ALAIN ROBERT / APERCU / SIPA et © STUDIO SEBERT)

Cette oeuvre, qui a été accrochée dans toutes les expositions majeures consacrées à Soulages, était mise pour la première fois sur le marché

Une toile de 1960 de Pierre Soulages a été adjugée mercredi 9,6 millions d'euros (frais compris) chez Tajan à Paris, bien au-delà de l'estimation de départ entre 4 et 6 millions d'euros, réalisant ainsi un record mondial pour une oeuvre de l'artiste bientôt centenaire, à l'approche de son exposition du Louvre.

Le précédent record était de 9,2 millions pour une toile de 1959, vendue voici tout juste un an à New York.

Peinture, 200 x 162 cm, 14 mars 1960, qui a été accrochée dans toutes les expositions majeures consacrées à Soulages, était mise pour la première fois sur le marché. L'oeuvre a été disputée par huit enchérisseurs en Asie et aux Etats-Unis mais "rejoindra finalement une collection européenne", a confié Julie Ralli, directrice du département d'art d'après-guerre et contemporain de Tajan, dans un communiqué.

Une peinture acquise à l'origine par le conservateur du MoMA de New York

Le tableau à la lumière intense et aux plans verticaux contrastés, illustre la technique de raclage initiée par l'artiste à la fin des années 1950. Sur la toile enduite d'un apprêt blanc, de larges bandes de peinture noire recouvrent une partie de la surface. A l'aide de spatules à lame souple, Soulages découvre ensuite partiellement le fond, laissant apparaître la couche terre de Sienne sous-jacente, et offrant des luminosités inattendues.

Acquise par James Johnson Sweeney, conservateur au MoMA de New York (1935-1946) puis directeur du Guggenheim (1952-1960), à la Galerie de France à Paris en 1960, la toile était restée dans la famille Sweeney. La rencontre en 1948 entre Sweeney et Soulages a marqué le départ d'une longue amitié et de la large reconnaissance dont a bénéficié le peintre de l'"outrenoir" aux États-Unis, avant même celle qu'il a connue en France.

Un jour de 1960, Alfred Barr (historique directeur du MoMA à sa création en 1929) "faisait son petit tour à la Galerie de France et son choix se porta sur cette oeuvre. La galeriste le prévint que malheureusement elle était déjà vendue... à Sweeney. Barr était tellement vexé d'avoir été devancé par son confrère mais néanmoins concurrent qu'il ne remettra plus les pieds à la Galerie de France", rapporte Julie Ralli, directrice du département d'art d'après-guerre et contemporain chez Tajan.

Pierre Soulages fêtera le 24 décembre ses cent ans

Pierre Soulages fêtera le 24 décembre ses cent ans. L'exposition d'une vingtaine de ses oeuvres recouvrant toutes les étapes de sa carrière, s'ouvrira le 11 décembre au Salon Carré du Louvre : une marque de reconnaissance à un des artistes majeurs de la deuxième moitié du 20e siècle, qui aime encore peindre.

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