Un célèbre tableau d'Hippolyte Flandrin détruit dans l'incendie de la cathédrale de Nantes

Tableau d\'Hippolyte Flandrin au musée des Beaux-Arts de Lyon 
Tableau d'Hippolyte Flandrin au musée des Beaux-Arts de Lyon  (France 3 AURA)

La célèbre toile du peintre intitulée "Saint Clair guérissant les aveugles" était située au-dessus d’une armoire électrique qui a brûlé dans l’incendie de l'édifice nantais. Pour les amateurs de l'artiste, d'autres peintures sont conservées au musée des beaux-arts de Lyon.

L'incendie de la cathédrale de Nantes, survenu samedi 18 juillet, a détruit l'un des chefs d'oeuvre du peintre lyonnais Hippolyte Flandrin (1809-1864). Peint en 1836, Saint Clair guérissant les aveugles n'est plus que cendres.

Mais le maître de la peinture religieuse du XIXe siècle a laissé une empreinte artistique remarquable dans la capitale des Gaules. Le Musée des Beaux-Arts de la ville de Lyon possède de nombreux tableaux, portraits et dessins.

Artiste tourmenté

A Lyon, le Musée des Beaux Arts conserve une autre oeuvre majeure du peintre sur ce même thème de l'aveuglement. L'artiste lyonnais, Prix de Rome en 1832, a peint les deux tableaux alors qu'il séjournait à la Villa Médicis. Des toiles qui reflètent ses angoisses. "A un moment il craint de devenir aveugle, ce qui pour un peintre est le pire mal possible, et donc le choix de ce sujet n'est pas anodin car il représente les préoccupations de l'artiste face à cet état qu'il n'arrive pas à traiter et malgré les médicaments qui lui sont prescrits", rapporte Stéphane Paccoud, conservateur chargé des peintures, sculptures XIXe siècle du musée. 

Elève de Ingres, maître pour Degas

Parti de Lyon à 20 ans, en quelques années le jeune Hippolyte Flandrin devient l'un des artistes français les plus importants de son époque. "Il est parti s'installer à Paris dès le début de ses études et a travaillé dans l'atelier de Jean-Auguste Dominique Ingres, il a été un maître pour toute une génération qui va se réclamer de lui y compris le jeune Edgar Degas", raconte encore l'expert. 

Portraitiste reconnu, la spécilalité d’Hippolyte Flandrin c'est aussi le grand décor religieux. Un art qu'il pratique très tôt dans sa carrière. On l'a souvent comparé à Fra Angelico.

Plafond de la basilique d\'Ainay de Lyon réalisée par Hippolyte Flandrin
Plafond de la basilique d'Ainay de Lyon réalisée par Hippolyte Flandrin (Jean-Pierre Boursier - Creative Commons)

Il obtient une première commande pour une chapelle de l’église Saint-Séverin à Paris (1839-1841), bientôt suivie par celle du sanctuaire et du chœur de l’église Saint-Germain-des-Prés (1842-1848). Le succès de ce dernier chantier est considérable et se poursuit par le décor de l’église Saint-Paul à Nîmes (1846-1849), la nef de l’église Saint-Vincent-de-Paul à Paris (1848-1853), la basilique Saint-Martin d’Ainay à Lyon (1855), pour se conclure à nouveau à Saint-Germain-des-Prés, quelques mois avant sa disparition. 

La collection du musée des Beaux-Arts de Lyon 

La collection du musée des Beaux-Arts de Lyon comprend des peintures, des dessins, des gravures, des photographies et des pièces d’archives. En 1991, l'institution fait l'acquisition de l’album dit des portraits, contenant les études préparatoires à la quasi-totalité des créations de l’artiste. Un événement important suivi de nouveaux dons et achats qui complètent cette collection. Parmi les toiles importantes qui peuvent être citées, l’esquisse pour Jésus Christ et les petits enfants offerte en 2011, les portraits de Gustave Louis Chaix d’Est-Ange et Firmin Laferrière, donnés en 2014, ou encore une étude pour La Pietà et le modello peint pour La Mort de Jésus-Christ sur le Calvaire.

Etude pour Jésus Christ et les petits enfants, Hippolyte Flandrin, 1837 Hippolyte Flandrin, 
Etude pour Jésus Christ et les petits enfants, Hippolyte Flandrin, 1837 Hippolyte Flandrin,  (ALAIN BASSET / MBA)

Hippolyte Flandrin, tout comme ses frères Auguste et Paul, feront l’objet d’une exposition au Musée des Beaux-Arts de Lyon au printemps 2021.

Vous êtes à nouveau en ligne