Parfums d’interdit : l’amour galant se dévoile au musée Fragonard de Grasse

L\'amour galant dans tous ses états au musée Fragonard.
L'amour galant dans tous ses états au musée Fragonard. (France 3 / Culturebox)

Jean-Honoré Fragonard fut au XVIIIe siècle "le" peintre de l’amour galant. C’est donc tout naturellement que le musée qui porte son nom à Grasse propose aujourd’hui une exposition sur la sensualité dans la peinture. Une sensualité cachée, codifiée mais toujours présente. La face cachée d’une époque et d’un art de vivre à découvrir jusqu’au 23 septembre.

Reportage : C. Fazi / D. Mouaki  / A. Chardon
"Couvrez ce sein que je ne saurais voir".  Presqu’un siècle avant la naissance de Jean-Honoré Fragonard (1732-1806), Molière et son Tartuffe (1669) exprimaient déjà l’ambiguïté qui a longtemps tourmenté les artistes. Entre attrait du désir et crainte de la censure, l’équilibre est fragile. Un numéro d’équilibriste particulièrement sensible aux XVIIIe et XIXe siècles où derrière l’apparente innocence d’une rose offerte se devine la tentation charnelle. A travers les œuvres de plusieurs artistes de l’époque (Marguerite Gérard, Louis-Léopold Boilly, Michel Garnier, Louis-Rolland Trinquesse, Jean-Frédéric Schall et Henri-Nicolas Van Gorp) le musée Fragonard guide le visiteur à travers les intrigues amoureuses du siècle des Lumières.

Pousser la porte du boudoir

Ici la présence d’un chien évoque le désir, là c’est une cruche largement évasée qui peut être interprétée comme une allusion à l’anatomie féminine. Des indices infimes, qui semés ici et là, suggèrent une sensualité à fleur de peau, dont l’incarnation est la femme, maitresse de son corps. Une idée révolutionnaire, à contre-courant de la morale (notamment religieuse) de l’époque. Au bas de chaque œuvre, une notice didactique aide le visiteur à décoder le langage de l’amour galant et à pousser la porte du boudoir. 
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