La Mauresse de Moret, religieuse métisse, était-elle vraiment la fille cachée de Louis XIV ?

La Mauresse de Moret peinte par Pierre Gobert
La Mauresse de Moret peinte par Pierre Gobert (A. Salvini / France Télévisions)

Le musée Charles de Bruyères à Remiremont dans les Vosges se penche sur cette énigme de l’histoire de France à travers une exposition inédite à voir jusqu’au 22 septembre.

C’est une question qui divise les historiens. Sœur Louise-Marie de Sainte-Thérèse, une religieuse qui vécut à la fin du 17e siècle et au début du 18e au couvent de Moret-sur-Loing en Seine-et-Marne, était-elle la fille cachée du Roi-Soleil ? Le musée Charles de Bruyères de Remiremont se penche sur l’un des grands mystères, avec le masque de Fer, du règne de Louis XIV, à travers cette exposition rassemblant documents d’époque et portraits de la Mauresse de Moret restaurés pour l’occasion.

Ressemblance physique

 Il n’est pas le seul, mais Voltaire l’atteste, après avoir rencontré la religieuse en 1719 au couvent de Moret, il écrit dans Le Siècle de Louis XIV : "On soupçonna, avec beaucoup de vraisemblance, une religieuse de l'abbaye de Moret d'être sa fille. Elle était extrêmement basanée, et d'ailleurs lui ressemblait. Le roi lui donna vingt mille écus de dot, en la plaçant dans ce couvent."

 Née vers 1658 (et décédée vers 1730), Louise-Marie Thérèse serait entrée au couvent en 1665 emmenée par Alexandre Bontemps, premier valet de chambre, confident et homme de confiance du roi. Ensuite, la présence des membres de la famille royale lorsque la jeune femme prononça ses vœux, puis leurs visites fréquentes, lors des séjours à Fontainebleau, à cette religieuse a la peau basanée allait accréditer cette thèse.

Pour certains, la Mauresse serait le fruit des amours entre le roi et une femme noire qu’il aurait fallu cacher. Pour d’autres, ce serait le résultat d’une liaison entre la reine et son page, un nain d’origine africaine. L’exposition, une première sur cette énigme de l’histoire de France, évoque toutes ces hypothèses, documents à l’appui. 

"La princesse noire religieuse"

A l’origine de l’exposition, un portrait de la Mauresse réalisé par le peintre Pierre Gobert (1662-1744) , dont la fille, également religieuse à Moret, était une amie de la Louise-Marie Thérèse. Un tableau retrouvé au musée de Remiremont derrière lequel il est inscrit : "La princesse noire religieuse de Moret".

Il n’existe que trois représentations de la Mauresse, toutes exposées ici. Un autre portrait, attribué aussi à Pierre Gobert fait partie des collections du musée de Melun. Le troisième est conservé à la bibliothèque Sainte-Geneviève à Paris qui a prêté pour l’exposition un document qui finira de convaincre ceux qui pensent que la Mauresse de Moret était bien une enfant illégitime de Louis XIV. Un dossier interne au couvent portant l’inscription : "Papiers concernant la Moresque, fille de Louis 14". Un dossier vide. 

"La Mauresse de Moret (vers 1658-1730), fille métisse cachée de Louis XIV ?" - jusqu’au 22 septembre - Musée Charles de Bruyères 70 rue Charles de Gaulle 88200 Remiremont - Renseignements : 03.29.62.59.14

Vous êtes à nouveau en ligne