L'artiste congolais René Bokoul, titulaire de la médaille Picasso, menacé d'expulsion

René Bokoul dans son atelier de Saint-Junien en Haute-Vienne.
René Bokoul dans son atelier de Saint-Junien en Haute-Vienne. (France 3 / Culturebox)

Il vit et travaille depuis presque sept ans au coeur du Limousin. L'artiste congolais René Bokoul fait l'objet d'un arrêté d'expulsion. Le peintre réfugié en France pour raison politique, ne comprend pas la décision de la Préfecture de la Haute-Vienne. Une décision qu'il a décidé de contester devant le tribunal administratif le 31 janvier prochain.

Reportage : France 3 Limousin, I. Rio / E. Boutin, M. Reiler
L'histoire d'amour avec la France avait pourtant bien commencé. Lorsqu'il débarque en Limousin en 2012, René Bokoul obtient une carte de séjour  "Compétence et talent", un titre plutôt rare qui reconnaît l'apport d'une personne à son pays d'accueil. Il faut dire que l'artiste n'est pas n'importe qui. Au Congo, son pays d'origine, René Bokoul (de son vrai nom Leticia Paterne Mahoungou ) fait partie de l'Ecole de Poto-Poto, un centre d'art mondialement reconnu. En 2000, il reçoit de l'UNESCO la médaille Picasso pour "contribution exceptionnelle à la Culture".
Elève de la célèbre Ecole de Poto-Poto au Congo, René Bokoul a reçu la médaille Picasso en 2000.
Elève de la célèbre Ecole de Poto-Poto au Congo, René Bokoul a reçu la médaille Picasso en 2000. (France 3 / Culturebox)

"Je n'aime pas la politique, mais j'aime la vérité"

En 2006, les choses se gâtent. En désaccord avec la politique du président Denis Sassou-Nguesso, René Bokoul est menacé de mort. "Je n'aime pas la politique", explique t-il", mais j'aime la vérité". Une vérité qui dérange et qui le pousse à l'exil. D'abord en Italie de 2006 à 2012, puis en France. Installé à Saint-Junien (Haute-Vienne), l'artiste y a "fait son trou". Il donne des cours dans les écoles, expose aux quatre coins de l'hexagone mais pas plus loin : son titre de séjour ne lui permet pas de voyager à l'étranger. La Préfecture lui conseille donc de déposer une demande d'asile, demande qui lui est refusée par ces mêmes services préfectoraux en novembre dernier au motif qu'il est célibataire et sans enfant et qu'il a des attaches dans son pays d'origine.

Un recours déposé devant le tribunal administratif

En décembre le couperet tombe : René Bokoul doit quitter le territoire français avec interdiction de revenir pendant un an. Une décision qui fait bondir son avocate, Me Blandine Marty : "On ne parle absolument pas de son statut d'artiste, de ses projets professionnels, de ses collaborations avec les différentes institutions locales... Cet aspect-là est complètement nié". Un recours a été déposé devant le tribunal administratif. L'audience aura lieu le 31 janvier prochain.
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