Carlos Cruz-Diez, figure de l'art cinétique et théoricien de la couleur, est mort à l'âge de 95 ans

L\'artiste Carlos Cruz-Diez, le 20 février 2014
L'artiste Carlos Cruz-Diez, le 20 février 2014 (/NEWSCOM/SIPA / SIPA USA)

L'artiste franco-vénézuélien Carlos Cruz-Diez, théoricien de la couleur, est mort à Paris.

L'artiste franco-vénézuélien Carlos Cruz-Diez, figure de l'art cinétique, est décédé samedi à l'âge de 95 ans à Paris, a annoncé dimanche sa famille.

"C'est avec une profonde tristesse que nous vous annonçons le décès de notre père, grand-père et arrière-grand-père bien-aimé", indiquent ses proches dans un sobre message posté sur le site internet de sa fondation. "Ton amour, ta joie, tes enseignements et tes couleurs nous accompagneront pour toujours." Ses obsèques auront lieu "dans la stricte intimité familiale", précise le texte.

\"Chromosaturation\", un travail de Carlos Cruz-Diez, au musée La Estampa à Caracas, Venezuela
"Chromosaturation", un travail de Carlos Cruz-Diez, au musée La Estampa à Caracas, Venezuela (LEO RAMIREZ / AFP)

Vers l'invention

Carlos Diez-Cruz était né le 17 août 1923 à Caracas. L'artiste vénézuélien s'était installé à Paris en 1960.

"J'ai commencé par peindre les bidonvilles, la misère. Je croyais que l'artiste devait être un reporter de son temps et j'étais très admiratif des peintres flamands comme Brueghel", confiait-il il y a quelques années dans une interview au Figaro. "Une réflexion très longue et douloureuse m'a conduit non pas vers l'abstraction mais vers l'invention. Par défaut. Quand j'ai compris que les tableaux ne pouvaient pas modifier les problèmes sociaux."

En plus de 70 ans de carrière artistique, Carlos Cruz-Diez avait développé d'importantes recherches sur la couleur, et ses oeuvres sont exposées au Museum of Modern Art (MoMA) de New York, à la Tate Modern à Londres, au Centre Pompidou à Paris, rappelle sa fondation.

Une peinture de l\'artiste Carlos Cruz-Diez devant le Broad Museum de Los Angeles, en septembre 2017
Une peinture de l'artiste Carlos Cruz-Diez devant le Broad Museum de Los Angeles, en septembre 2017 (FREDERIC J. BROWN / AFP)

La couleur, une réalité autonome

"J'ai toujours voulu lancer la couleur au-delà de son support, la projeter dans l'espace. Pour moi, la couleur n'est pas juste une anecdote de la forme, elle n'est pas seulement le rouge de la pomme, le bleu du ciel. La couleur est autonome, fugace, en mouvement perpétuel. La couleur est comme la vie : un présent permanent", disait-il à l'occasion de l'installation d'un "environnement chromatique" devant le Centre Pompidou-Metz l'an dernier.

La couleur est "une situation éphémère, une réalité autonome en perpétuelle mutation", analysait l'artiste.

Même s'il s'était installé en France et avait acquis la nationalité française sur le tard, son art était resté lié à son pays d'origine. Une de ses oeuvres monumentale orne les murs et le sol de l'aéroport international Simón Bolívar de Caracas. Une autre est visible sur la Plaza Venezuela, emblématique de la capitale.

"Il a fondé trois ateliers d'art, à Caracas, à Paris et au Panama, ainsi que la Cruz-Diez Art Foundation à Houston", souligne son site. Carlos Diez-Cruz était décoré en France de la Légion d'honneur. Il avait reçu de nombreux prix dans le monde entier, de São Paulo à Caracas, de New York à Madrid.

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