Le Louvre acquiert un panneau peint au XVe siècle à Valence, en Espagne

Vierge en buste (détail), Peintre valencien, vers 1450
Vierge en buste (détail), Peintre valencien, vers 1450 (© Christie's)

Le Louvre enrichit ses collections espagnoles d'un panneau peint vers 1450 à Valence

Le Louvre a annoncé lundi 7 septembre l'acquisition par son département des peintures d'un "très important" panneau espagnol du XVe siècle, qui représente d'un côté le visage de la Vierge, de l'autre une Sainte Face, censée montrer les traits de Jésus tels qu'ils s'étaient imprimés sur une relique.

L'acquisition s'est faite de gré à gré par l'intermédiaire de la maison de ventes Christie's, précise le communiqué du Louvre. L'œuvre, dont le musée souligne la "haute qualité", "l'originalité", "voire l'étrangeté", a été peinte à Valence en Espagne vers 1450. Elle avait été présentée en 1904 dans une grande exposition des primitifs français au Louvre comme une œuvre avignonnaise. Elle faisait partie de la collection du comte Paul Durrieu (1855-1925), un conservateur du Louvre. Restée dans sa famille, elle a été de nouveau prêtée au Louvre en 2004, mais elle avait alors retrouvé son identité espagnole.

Fidèle au style gothique du début du siècle, avec ses fonds d'or ornés de décors végétaux éxuberants, l'auteur du "panneau Durrieu" s'en affranchit en définissant davantage les volumes, en accentuant la profondeur des drapés du voile de la Vierge, en modelant les visages avec la lumière. C'est un signe de l'attention de l'artiste aux innovations développées en Flandre.

Vierge en buste et Sainte Face, peintre valencien, vers 1450
Vierge en buste et Sainte Face, peintre valencien, vers 1450 (© Christie's)

Régulièrement porté en procession

L'œuvre pourrait être de la main de Juan Rexach, qui domine avec Jacomart la production valencienne à l'époque, indique le Louvre. Chantre du nouvel art flamand, il possédait lui-même un panneau qu'il attribuait à Van Eyck.

Des traces d'usure indiquent que le "panneau Durrieu" était sans doute souvent manipulé. Il était certainement régulièrement porté en procession dans la ville.

L'acquisition de cette œuvre vient compléter la collection de primitifs valenciens du Louvre et, plus généralement, c'est "une excellente occasion de redécouvrir les très beaux primitifs espagnols" du Louvre, se réjouit le musée.

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