Le Grand Palais relooké par Jean-Paul Gaultier

(L'exposition Jean-Paul Gaultier a déjà attiré 1,4 millions de visiteurs à Montréal, New York, Londres ou Melbourne © Maxppp)

Déjà vue par 1,4 million de personnes à travers le monde, l'exposition Jean-Paul Gaultier fait halte à Paris. Exposition de mode autant qu'installation contemporaine, elle investit le Grand Palais, à côté de celui de la Découverte, où le créateur a fait son premier défilé en 1976.

"Allez, bonne exposition !" C'est par ces mots suivis d'un baiser que Jean-Paul Gaultier, sympa, accueille le visiteur dans l'une des premières salles du Grand Palais, sur les rives de la Seine. A défaut de l’homme en chair et en os, c’est son mannequin plus vrai que nature qui nous souhaite cette bienvenue, un mannequin animé, qui nous parle comme plusieurs dizaines d’autres grâce à la création audiovisuelle imaginée par une compagnie de théâtre de Montréal. Explications avec Nathalie Bondil, directrice du musée des beaux-arts de Montréal, à l’origine de l’exposition : "Vous avez de véritables mannequins, en dur, sur lesquels sont projetées des visages d'acteurs, de chanteurs, de modèles réels, ce qui donne l'impression qu'ils sont vivants. Et cet effet, tout à fait subjuguant, s'explique par la volonté de Jean-Paul Gaultier de rendre hommage aux hommes, aux femmes, aux êtres réels, physiques, qui l'ont inspiré ".

Le Grand Palais relooké par Jean-Paul Gaultier - reportage Anne Chépeau
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"Nana était mon premier cobaye. Je lui ai fait tout subir "

Les muses de Jean-Paul Gaultier sont présentes, grâce à ces mannequins animés, à des vidéos, à des photos signées par les plus grands, Peter Lindberg ou Jean Baptiste Mondino : elles sont tops models comme Farida Khelfa, chanteuses comme Madona, actrices comme Micheline Presle, héroïne du film Falbalas de Jacques Becker, qui a déclenché la vocation de Jean-Paul Gaultier. Mais sa toute première muse fut Nana, son ours en peluche. C’est lui qui ouvre l’exposition, à l’abri dans une vitrine. Jean-Paul Gaultier s'en explique : "Nana était mon premier cobaye. Je lui ai fait tout subir. Je lui ai mis de la corde pour lui faire les cheveux, je lui ai fait des maquillages avec le maquillage de ma grand-mère, c'est à dire du "Rouge baiser" et je mettais de la poudra après pour que ça reste. Et puis je lui ai fait les seins coniques. J'ai pris un bout de carton, j'ai fait un rond, j'ai fait une fente. Et puis j'ai mis des petites épingles pour que ça tienne. Il y en a un qui reste et il y en a un autre où il n'y a que le papier froissé que je mettais à l'intérieur pour que ça tienne, pour que ça reste raide et que ça ne s'écrase pas ".

(Les seins coniques, une des obsessions du créateur © RF | Jean-Luc.Grzeskowiak @radiofrance.com)

Seins coniques

Les seins coniques, une des obsessions du créateur avec les corsets qu’il a revisité au fil de ses collections. Cette exposition, foisonnement de couleurs et de matières, réunit 175 pièces (prêt-à-porter, créations haute couture et costumes de scène). Elle souligne la créativité débridée du couturier : le défilé reconstitué et commenté par Catherine Deneuve en est un bel exemple. La mode libre et tolérante de Jean-Paul Gaultier, fait une place à chacun quelque-soit son âge, son poids, sa couleur de peau, sa sexualité. C’est aussi cela que montre l’exposition du Grand Palais. Et si vous avez des commentaires, le couturier les attend : "Vous pouvez m'écrire pour me dire ce que vous en avez pensé ou si vous me voyez, eh bien vous me le dites, je suis là, n'oubliez pas, en chair et en os ". Et dernier acte de l'expo : une application qui permet au visiteur de se photographier en Gaultier.

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