"Le Cri" de Munch star d’une exposition à la Fondation Vuitton

("Le Cri", qui voyage très rarement, est présenté dans une grande niche noire, protégé par une épaisse paroi de verre, une alarme et deux gardiens © Reuters)

"Le Cri" de Munch, "La Danse" de Matisse mais aussi "No46 Rouge" de Rothko sont exposés avec des dizaines d'œuvres majeures du XXe siècle choisies par Suzanne Pagé, la directrice artistique de la Fondation Vuitton à Paris, parce qu'"elles ont en commun d'avoir "cassé les règles" de l'art de leur époque". Une exposition - événement à découvrir dès aujourd'hui et jusqu'au 6 juillet.

C'est l'exposition à voir absolument. Elle débute aujourd'hui à la fondation Louis Vuitton à Paris, "Les clefs d'une passion", 60 chefs d'œuvre du 20ème siècle, pour une véritable expérience sensorielle. Star de cette expo, "Le Cri" du Norvégien Edvard Munch, icône planétaire, symbole de l'angoisse moderne. Qu’une fondation privée parvienne à se faire prêter, par une dizaine des plus grands musées du monde des œuvres aussi importantes est un signe des temps.

Suzanne Pagé, l’une des meilleures conservatrices du monde

Et puis, aussi, un exploit signé de Suzanne Pagé, commissaire de l'expo et directrice artistique de la fondation Louis Vuitton, ancienne directrice du musée d'art moderne de la ville de Paris et tout simplement considérée comme l'une des meilleures conservatrices au monde. Un carnet d'adresse inestimable, un caractère passionné, une énergie sans limite, Suzanne Pagé a convaincu sans difficulté le Musée Munch d'Oslo de lui prêter "le cri", alors que cette toile et l'une de ses sœurs ont été volées puis retrouvées entre 1994 et 2006.

Vitre blindée, alarme et deux gardiens

A Paris, "Le Cri", ce visage d'effroi aux yeux exorbités, sur fond de fjord norvégien aux couleurs de feu et aux lignes déformées, est présenté dans une grande niche noire, protégé par une épaisse paroi de verre, une alarme et deux gardiens.  "Le Cri" voyage très rarement, mais quand il s'agit de Suzanne Pagé, c'est différent…

Soixante œuvres dialoguent entre elles

On pourra toujours dire que soixante œuvres présentées, ce n'est pas énorme. L’exploit est ailleurs : toutes dialoguent entre elles. C'est là toute la force de ce parcours dans le 20ème siècle… Ainsi dans la première salle, "Le Cri" cohabite à merveille avec une statue de Giacometti et, entre-autres, deux œuvres rares de Francis Bacon.

Outre Munch, Bacon, Giacometti, on retrouve Rothko, dont la toile brun / ocre / sang, affronte le graphisme noir et blanc de Malevitch et Mondrian. Picasso, qui se frotte à Bonnard, Picabia dont les images de jeunes corps dénudés insouciants annonce le pop’art, font face aux ouvrières de Fernand Léger ou encore Matisse célébrant la danse et la musique, sont une expérience à vivre en prenant le temps, en savourant.

Jeter un nouveau regard sur l’art contemporain

Pour Jean-Paul Claverie, le conseiller de Bernard Arnault, patron du groupe LVMH, cette exposition permet d'aller plus facilement ensuite, vers l'art contemporain : « Ce qui est intéressant c’est de conduire le regard du public sur des œuvres autrefois rejetées, et considérées comme révolutionnaire, connue aujourd’hui de tous, pour les entrainer vers la création d’aujourd’hui, parfois déroutante…Et ainsi de jouer sur les deux tableaux », explique-t-il.

Une exposition - événement à découvrir dès aujourd'hui et jusqu'au 6 juillet à la Fondation Vuitton à Paris. Tous les renseignement ici.

***Information visiteurs +33 (0)1 40 69 96 00

Fondation Louis Vuitton

8, avenue du Mahatma Gandhi, Bois de Boulogne, 75116 Paris* **

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